Mercredi, Jean Ganty a évoqué une possible augmentation des impôts dans sa commune. Pour son opposant Claude Plenet, « il fallait réagir bien plus tôt » pour éviter d'en arriver là.
C'est une petite phrase prononcée à la hâte en fin de conseil municipal. Presque un lapsus aussitôt rattrapé face à la levée de boucliers de l'opposition. Mercredi soir, Jean Ganty a rapidement évoqué une augmentation des impôts locaux dans sa commune (lire ci-dessus). Une hypothèse déjà soulevée il y a tout juste un an, après que la cour régionale des comptes ait rendu son rapport sur la gestion financière de Rémire-Montjoly.
Concrètement, il était conseillé au maire d'augmenter les taux d'imposition, très bas en comparaison de ceux pratiqués ailleurs. À titre d'exemple, la taxe foncière de Rémire-Montjoly est fixée à 8,84%, contre 18,92% en moyenne au niveau national. La commune est en bonne santé financière mais son fonctionnement est déficitaire depuis 2011 et il n'y a désormais plus assez d'argent pour rattraper le retard en matière d'équipement public. Depuis la réforme de la taxe professionnelle, Rémire-Montjoly doit en outre verser chaque année 2,1 millions d'euros au titre de la solidarité intercommunale. « Le revers de la médaille » selon Jean Ganty. Interrogé à l'époque, le maire déclarait : « Nous avons fait le choix politique de ne pas les augmenter (les impôts) parce que nous sommes déjà bien assez imposés. Mais à l'avenir, il peut y avoir une possibilité de les augmenter progressivement. » Un an plus tard, la décision semble prise. Ou en passe de l'être.
PLUS LE CHOIX
Pour l'élu de l'opposition, Claude Plenet, « ce n'est pas le bon moyen » de renflouer les caisses de la commune. « J'ai toujours dit qu'il fallait aller vers le cofinancement. Aujourd'hui, presque tous les projets sont financés sur fonds propres. On peut aussi élargir davantage encore les bases fiscales. » Le discours du conseiller général est clair : « Le maire n'a plus le choix : il va devoir augmenter les impôts au cours de cette mandature, peut-être même dès cette année. Il fallait réagir bien plus tôt. » Ex-candidate à la mairie, Joëlle Sankalé-Suzanon a un avis moins tranché : « Est-ce la solution à la situation présente (elle fait notamment référence aux 2,1 millions d'euros ponctionnés), je ne peux pas l'affirmer car je n'ai pas assez d'éléments. Je fais mon entrée dans cette assemblée » Elle note cependant que « l'adhésion à la CACL (la communauté d'agglomération) nécessite l'uniformisation des taux d'imposition des différentes communes » même si celle-ci « doit être étalée dans le temps » .
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