Les entrepreneurs de Guyane aux rencontres parisiennes du Medef
La Rencontre des entreprises françaises qui, depuis deux ans, a remplacé l’université d’été du Medef se tient depuis hier à l’hippodrome Longchamp aux portes de Paris. Comme chaque année, les délégations ultramarines en profitent pour se réunir et échanger.
Alors Daniel Beausoleil, Secrétaire Général FRBTP Guyane et administrateur délégué du MEDEF Guyane s’est appliqué à démontrer que ce qui est une urgence pour la France est sans objet en Guyane ! « Face aux bouleversements climatiques, a-t-il expliqué en substance, les sociétés post-industrielles veulent accompagner les évolutions des écosystèmes de leurs territoires… Blablabla, une affaire de pompiers pyromanes ! »
Sa provocation terminée, il a ajouté tranquillement : « En Guyane, on n’est pas concerné par la transition écologique puisque 96 % de nos écosystèmes sont protégés ! »
Il a ensuite présenté les principaux indicateurs de la Guyane (population, taux de pauvreté, PIB/habitant, indice de développement humain, chômage) pour affirmer qu’il s’agissait là des caractéristiques de pays sous-développés avant de préciser que le taux d’énergie renouvelable y était de près de 70 % contre 25 % pour l’Hexagone et d’asséner : « Non ! La Guyane n’est pas coupable ! »
Non seulement, elle n’est en rien responsable du péril de la planète mais ses habitants souffrent de l’inégalité d’accès aux soins, à la mobilité, la cohésion, l’emploi… « Des inégalités ressenties comme des injustices qui font vaciller notre propre modèle sociétal. Ce sont nos enfants qui nous tirent dessus, pas des étrangers ! »
Selon ce responsable patronal guyanais, le sous-développement suppose une transition économique d’une économie de transferts à une économie de production, pas vraiment un débat sur la transition écologique. A ce sujet, il a rappelé que la Guyane a 100 % d’énergie renouvelable, ce sera sans doute possible en 2030.
« Alors ? Qu’est-ce que l’État peut proposer aux Guyanais pour leur permettre de réaliser cette ambition de démonstrateur national ? »
L’avocat et juriste guyanais Patrick Lingibé a répété la même chose à sa façon en accolant à la thématique de la transition écologique, la contrainte sociétale… C’est Dave Drelin, pdg de Yana Wassaï, qui est venu conclure pour les Guyanais en montrant l’exemple de son entreprise capable de développer une agro-industrialisation intégrée à son environnement.
Mais le clou de ces rencontres des entreprises de France est attendu ce mardi après-midi avec la confrontation entre le ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco et les membres du comité des Outre-mer. Les termes du débat sont « autonomes ou indépendants mais européens avant tout ». Thara Govindin, présidente du Medef Guyane et présidente du comité outre-mer, attend du ministre « un discours clair, franc et de l’engagement ».

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters