L'adage est formel : « Quand le bâtiment va, tout va. » Dès lors, qu'en est- il lorsque le secteur de la construction est au plus mal ? Car il s'agit très précisément de l'annonce faite par le président de la fédération régionale du BTP (bâtiment et travaux publics), Olivier Mantez. Un « cri d'alarme » poussé dans le but de dénoncer une situation qualifiée « d'inacceptable » et ainsi provoquer une réaction au sein des services de l'État et des collectivités. « Aujourd'hui, compte tenu de la situation, notre secteur va être obligé de licencier, prévient Olivier Mantez. En septembre, entre 1 000 et 1 200 personnes risquent de se retrouver au chômage. » Une déclaration qui n'a rien d'une menace. Elle se base sur un constat simple : la filière du BTP va mal, très mal. - Wassaï/Awara : 103 logements + commerces, 11,4 ME (MO : Simko) - Suzini 5 : 108 LLS, 15 M (MO : Siguy) - Mont Baduel : 193 LLS, 17 M (MO : Simko) - Bégonias : 61 LLTS, 5,6 M (MO : Siguy) - Suzini 4 : 60 LLS, 5,9 M (MO : Siguy) - Cité d'accueil Mont Baduel : 101 LLTS, 9,2 M (MO : Simko) - Altea : 72 LLS, 9,2 M (MO : Siguy) - Terrain, cité d'accueil Mont Baduel, 193 LLS/LLTS, 14 M (MO : Simko) - Eaux usées, divers secteurs : 5 M (MO : CACL) BÂTIMENT NEUF ET RÉNOVATION - Quartier madeleine, bâtiment multi-technique : 5,8 M (MO : ministère de la Défense) - Melkior-Garré : 7,4 M (MO : Région Guyane) 1 DYSFONCTIONNEMENTS LOCAUX
En 2013, 38% seulement des opérations programmées ont été financées. Pourtant, selon Olivier Mantez, « les fonds sont globalement là » . Pour le président, il ne s'agit pas d'un problème budgétaire mais d'une question d'organisation. Notamment administrative. « Très clairement, il y a un problème d'efficacité et de compétences, gronde Didier Magnan, premier vice-président de la fédération. Expliquez-nous comment des Sem (société d'économie mixte) peuvent être en déficit permanent ? Depuis un an, aucune décision n'a été prise pour la Senog (Société d'économie mixte du nord-ouest de la Guyane). Tout est bloqué, c'est invraisemblable. » - Zac éco quartier (phase 1) : 12 M (MO : Epag) - Les hauts de Cabassou, voirie et réseaux divers pour 249 logements : 6,8 M (MO : Simko) - Centre de tri des déchets recyclables : 8 M (MO : CACL) 2 CHUTE DES LOGEMENTS SOCIAUX
Selon Olivier Mantez, le nombre de démarrages de chantiers de logements sociaux est en chute libre depuis 2012. Ils étaient alors au nombre de 1 236. En 2013, les chantiers lancés n'étaient plus que 800. Cette année, toujours selon le président de la FRBTP, seuls 600 démarrages de travaux de logements sociaux devraient être enregistrés. 3 DES COLLECTIVITÉS QUI NE PAYENT PAS
« Il faut payer les entreprises, assène Olivier Mantez. Or des collectivités ne payent pas. Comment accepter d'être payé à quatre ou cinq mois ? Quel salarié, quelle banque accepteraient ça ? » Le président estime que « l'argent est mal utilisé » . Selon lui, la LBU (ligne budgétaire unique, qui finance la construction de logements sociaux en Outre-mer) suffirait à couvrir les investissements dans ce secteur. « Mais les collectivités n'investissent plus, peste Olivier Mantez. Tout leur budget est mangé par leur fonctionnement. Il y a un dysfonctionnement entre le discours politique et les réalités de la Guyane. » - Copaya : 86 logements, 7 M (MO : Semsamar) Travaux publics - Crique Anguille, voirie et réseaux divers, 7,1 M (MO : Simko) 4 EMPLOIS MENACÉS
Si près de 1 200 emplois pourraient être supprimés en septembre (la filière compte plus de 10 000 salariés), la fédération souligne également la menace qui plane sur les jeunes. « À ce rythme, on ne sera plus capable de trouver des stages, lance Olivier Mantez. Il n'y a plus de chantier, c'est une catastrophe. Le plus grand impact, ce sera chez les jeunes, et notamment de l'Ouest guyanais. » 5 « PAS DE COMBAT FRONTAL »
« Nous ne sommes pas là pour aller à un combat frontal (avec les services de l'État et les collectivités), assure le président. On veut juste travailler. On ne demande pas d'exonération ou de report de charges, on veut du boulot. On sait ce qu'il faut faire. Il faut juste qu'on nous écoute. » L'ensemble des décideurs doit se réunir avant la rentrée de septembre. L'objectif étant d'analyser les dysfonctionnements et les blocages. « Si des solutions ne sont pas trouvées, le BTP ne sera pas le seul à souffrir, prévient Didier Magnan. Les fournisseurs, les transporteurs... Il faut prendre conscience de la gravité de la situation. » - Zac Saint-Maurice zone 4-1 : 93 logements et 3 commerces, 12,2 M (MO : Siguy) - Zac Saint-Maurice zone 4-2 : 83 logements et 3 commerces, 12,5 M (MO : Siguy) - Zac Saint-Maurice zone 4-3 : 56 logements et 3 commerces, 8,3 M (MO : Siguy) - Pôle épuratoire Sud : 18 M (MO : ville de Saint-Laurent) - Voirie et réseaux divers du nouvel hôpital, 8 M (MO : Centre hospitalier de l'Ouest guyanais)
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