La marine brésilienne à Dégrad-des-Cannes
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La marine brésilienne à Dégrad-des-Cannes

Damien LANSADE
La Bocaina et son équipage sont restés quatre jours à la base navale de Dégrad-des-Cannes (DL)
La Bocaina et son équipage sont restés quatre jours à la base navale de Dégrad-des-Cannes (DL)

Deux navires militaires brésiliens sont en ravitaillement à la base navale depuis mercredi, pour un départ prévu aujourd'hui. L'escale a lieu dans le cadre de la coopération entre les marines françaises et brésiliennes, afin de lutter contre la pêche illégale et l'immigration clandestine.

La Bocaina arrive enfin, après une journée entière bloquée à l'entrée de l'estuaire, en attendant la marée. Le lieutenant de vaisseau François-Nicolas Riche, commandant de la Capricieuse, commente la manoeuvre depuis le pont de son navire. Le vent fait chasser la poupe de la Bocaina. Le virage de bord semble laborieux. Heureusement, vent mis à part, le temps est clément.
De retour d'opération dans les eaux guyaniennes, la Bocaina fait escale pour quatre jours au port militaire de Dégrad-des-Cannes. Le temps pour les marins de se ravitailler et de mettre pied à terre.
La dernière escale de navires brésiliens en Guyane remonte à l'année 2011. Depuis, l'accord de coopération entre les deux marines a été relancé, à la demande insistante de la France. Le Brésil profite de l'escale pour faire bonne figure. Le consul a dépêché un membre de son cabinet pour l'occasion.
Arrivés à portée de voix, les marins brésiliens lancent les bouts vers le pont de la Capricieuse. L'accostage se fait sans heurt. Salut militaire réglementaire, large sourire et poignées de main, le commandant de la Bocaina accueille à son bord les militaires et les médias français. Rapide tour du pont, puis direction le salon des officiers, où un petit buffet attend les quelques gradés français qui sont montés à bord. Mais les marins, qu'ils soient Français ou Brésiliens, n'ont pas la conversation facile. Surtout qu'il faut passer chaque fois par la traduction de l'attaché du consul.
COOPÉRATION FRUCTUEUSE
Les Français évoquent le déroulement des opérations conjointes. Six, l'année dernière. Un succès, paraît-il, même si personne n'est en mesure de fournir de résultats chiffrés. Lors d'une opération conjointe, les deux pays placent un ou deux patrouilleurs de part et d'autre de la frontière, dans la baie de l'Oyapock et autour. Les bateaux de pêche repérés sont systématiquement arraisonnés. En situation irrégulière, les embarcations peuvent être brûlées côté français, déroutées ou privées de licence côté brésilien.
Pour le Brésil comme pour la France, la pêche illégale, les filets dérivant ou le non-respect des quotas représentent un risque écologique majeur, avec la raréfaction du poisson et la disparition possible d'espèces, ainsi qu'un formidable manque à gagner. Mais les deux pays peinent à faire respecter leurs législations. La coopération militaire est un outil de plus pour tenter de juguler le phénomène.

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