François Ya, travailleur agricole à Cacao, fixe les prix en fonction de ses récoltes, c'est la loi de l'offre et de la demande qui prévaut au marché de Cayenne (DL)
Sur les étals du marché de Cayenne, selon les relevés de la Daafg (Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Guyane), les prix ont augmenté de 10% en un an. Mais pour les agriculteurs et les revendeurs, c'est avant tout le climat qui décide.
L'organe qui fixe les prix sur le marché de Cayenne, c'est le marché lui-même.
Avant que le jour ne se lève, les camions commencent à décharger leurs cargaisons sur les étals. Les maraîchers commencent à lorgner sur les productions des voisins, jaugent, inventorient.
Plus une variété de fruit ou de légume est rare sur le marché, plus son prix sera élevé. « La loi de l'offre et de la demande » , explique François Ya, maraîcher et travailleur agricole à Cacao. Mais les agriculteurs ont aussi une obligation de rentabilité. Les frais de fonctionnement variant peu, c'est avant tout la taille de la récolte qui décide. Mauvaise saison, petite récolte, prix élevés. Les paramètres de l'équation sont clairs.
PRODUCTEURS ET REVENDEURS
Dès que les camions commencent à décharger, les revendeurs sont les premiers à se jeter sur les cargaisons. À ce stade, les agriculteurs ont déjà une petite idée du prix auquel leurs produits seront vendus pendant la matinée. Les revendeurs, en achetant en gros, parviennent à économiser un peu sur le prix, ce qui leur permettra de dégager une petite marge. Les étals commencent à se garnir.
Avant l'arrivée des clients, les maraîchers font un tour des allées, pour observer les prix déjà affichés. Certains choisissent de se mettre au même niveau. D'autres, si la récolte a été bonne, peuvent se permettre de casser les prix. Mais personne, bien sûr, n'a intérêt à vendre à perte. Si toutes les récoltes ont été mauvaises, tous les prix grimpent.
UNE SAISON DES PLUIES TRÈS ÉTENDUE
Cette année, la plupart des agriculteurs évoquent une saison des pluies peu abondante, mais très étalée. L'humidité étant propice au développement des parasites et des maladies, les récoltes en ont pâti. « L'année prochaine, si les saisons commencent et s'arrêtent en temps et en heure, les prix redescendront, assure François Ya. De toute façon, les clients sont rarement contents du prix qu'ils paient. » Les maraîchers commencent par tester auprès des premiers clients. Si les acheteurs paraissent satisfaits, c'est que le juste prix n'est pas loin. Sinon, mieux vaut revoir à la baisse, dans la limite du possible.
Les allées du marché ont commencé à se remplir et la plupart des clients avouent ne pas trop se rendre compte des augmentations ou des diminutions sur les prix.
Pour Marc, client occasionnel du marché, les fruits et légumes restent toujours plus abordables que dans la grande distribution. Pour Lucie, inconditionnelle des trois marchés hebdomadaires de Cayenne, « l'homme a beau faire, il ne peut pas décider de tout. Si les champs donnent de mauvaises récoltes, il est normal de payer plus cher. C'est comme ça. »
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