La paisible commune de Roura n'a pas encore sorti la tête de l'eau (KS)
Placée sous tutelle depuis 1992, la commune affiche toujours un déficit de plus de 7 millions d'euros. La Chambre régionale des comptes donne à la municipalité jusqu'au 31 décembre 2020 pour atteindre l'équilibre.
La situation financière de Roura ne s'arrange pas. Elle s'est même nettement dégradée depuis 2011, selon le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). Le budget primitif 2014 voté par le conseil municipal fin avril affichait un déficit prévisionnel de 6,9 millions d'euros. Après révision, il s'avère que ce déficit est en réalité de près de 7,2 millions d'euros. Une subvention de 300 000 euros (au compte administratif 2013) pour la construction du plateau sportif du bourg de Roura a été supprimée au motif qu'elle n'était pas une recette certaine.
Selon la Chambre, le déficit de la commune « concerne plus particulièrement la section de fonctionnement » , les dépenses étant supérieures aux recettes.
On découvre aussi que la capacité d'autofinancement ne cesse de fondre : positive en 2011 (703 000 euros environ), elle était négative en 2012 (- 72 000 euros) et en 2013 (- 369 000 euros). Ce qui s'explique notamment par la réduction des recettes fiscales propres de la commune.
LA COMMUNE LA PLUS CHÈRE DE FRANCE
L'an dernier, le maire David Riché avait obtenu l'autorisation du préfet de baisser de 10% les impôts locaux. Une demande qu'il formulait chaque année depuis son élection, en 2008. Jusque-là, Roura détenait le record de la commune fiscale la plus chère de France. Avant 2013, le taux de la taxe foncière était par exemple fixé à 109,6%. La CRC, elle, s'était opposée à cette réduction d'impôts mais avait dû se plier à la décision du préfet qui pointait alors « la nécessité pour la commune de conduire une réflexion sur l'élargissement de ses bases fiscales » . Dans son rapport, la Chambre tire aussi la sonnette d'alarme concernant les dépenses de personnel, qui s'élèvent à 70% des charges courantes. Ces dépenses représentaient 1 306 euros par habitant en 2012, contre 326 euros pour la moyenne des communes de 2 000 à 3 500 habitants). La réduction des dépenses de personnel reste donc la priorité. La municipalité devra s'engager à ne pas remplacer les départs en retraite, à ne pas renouveler les contrats à durée déterminée et à adopter une véritable gestion des ressources humaines (en proposant notamment des formations).
La liste des prérogatives de la CRC ne s'arrête pas là : « Poursuivre les efforts dans la recherche de subventions et dotations ; assurer la révision des valeurs locatives de la commune ; mettre en oeuvre le Plan local d'urbanisme pour permettre des cessions d'actifs ; et étudier les possibilités de mutualisation avec la CACL. » À Roura, l'équilibre budgétaire doit être atteint au 31 décembre 2020 au plus tard.
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