Le lancement s'est déroulé « presque » normalement, ce n'est qu'après analyses des informations de la télémesure que l'anomalie a été découverte (CSG)
Les deux satellites de la constellation envoyés depuis la Guyane vendredi ne se trouvent pas sur les orbites visées. Une commission d'enquête doit être nommée dès aujourd'hui pour comprendre cette anomalie.
Quelques heures après les applaudissements nourris de la salle Jupiter qui signifiaient la fin de la mission réussie de Soyouz, la mauvaise nouvelle en a douché plus d'un. Dans un communiqué laconique envoyé en début de soirée, Arianespace a reconnu que les observations mettaient en évidence « une divergence entre l'orbite visée et l'orbite atteinte » . « Les satellites ont été placés sur une orbite plus basse que prévue » , a expliqué l'opérateur de transport spatial un peu plus tard. Ils devaient être placés sur une orbite circulaire de 23 000 km d'altitude mais se retrouvent sur une orbite elliptique plus basse, aux alentours de 17 000 km. « Une anomalie se serait produite pendant la phase de vol de l'étage supérieur Fregat, conduisant à une injection des satellites sur une orbite non conforme » , a indiqué Arianespace. Ce n'est qu'après la séparation des satellites que l'exploitation progressive des informations fournies par les stations de télémesure a relevé que l'orbite n'avait pas été atteinte.
« Il est encore trop tôt pour connaître les causes de cette anomalie » , a précisé Stéphane Israël, président directeur-général d'Arianespace. Dès aujourd'hui, une commission d'enquête comprenant des experts d'Arianespace, de l'Agence spatiale européenne (Esa) et de la Commission européenne, travaillera, de manière indépendante, afin de faire la lumière sur les causes de cette anomalie et trouver les solutions pour y remédier. Que deviendront les deux satellites lancés vendredi ? Samedi, Jean-Yves Le Gall, le coordinateur interministériel pour la France du programme Galileo, reconnaissait que « ça sera compliqué » . L'ancien patron d'Arianespace et actuel président du Cnes se demandait si les satellites auraient suffisamment de carburant à bord pour leur permettre de regagner la bonne orbite. À l'inverse des satellites de télécommunication, beaucoup plus gros, ces satellites Galileo ne sont pas forcément équipés pour de telles missions. Et en tout état de cause, un tel déplacement réduira drastiquement leur durée de vie.
Si ce raté risque de retarder sérieusement le déploiement de la constellation Galileo qui n'en avait pas besoin, il pourrait aussi avoir des conséquences sur le programme de vol de
Soyouz. Comme l'a souligné Stéphane Israël, le travail de la commission et les correctives apportées « nous permettront de reprendre les lancements de Soyouz en toute sécurité et le plus rapidement possible » .
Kerwin ALCIDE avec l'AFP
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