Guylaine Bourguignon et Clarisse Brigot, femmes et pilotes à l'aéroclub de Matoury (KS)
L'aéroclub Zel Lagwiyann souhaite s'ouvrir davantage aux femmes. Plusieurs actions seront menées tout au long de l'année, pour sensibiliser au pilotage. Pour l'instant, seules onze femmes sont adhérentes ici.
Cheveux longs coiffés en arrière, ongles impeccablement manucures et talons hauts : Guylaine Bourguignon cultive sa féminité. Difficile de deviner que la Guyanaise passe la majeure partie de son temps libre aux commandes d'un avion. Présidente de l'aéroclub Zel Lagwiyann de Matoury depuis un an, elle est aussi l'une des onze femmes licenciées à l'association. « Sur 146 membres, précise-t-elle immédiatement. Nous sommes beaucoup trop discrètes (sourire). »
Et c'est bien là son cheval de bataille : sensibiliser les femmes au monde de l'aéronautique. « Pour moi, le pas n'a pas été difficile à franchir parce que j'en avais envie depuis longtemps. Mais quand j'en parle avec mes amies, je m'aperçois que dans l'inconscient, le métier de pilote reste très masculin » , raconte-telle. C'est vrai : quand on pense femme et avion, on imagine systématiquement une hôtesse de l'air, jamais un pilote. « Il n'y a pourtant aucun frein, insiste Guylaine Bourguignon. Les femmes ont toutes les aptitudes nécessaires. Et une sensibilité bien à elles. Nous sommes très bien perçues par nos collègues masculins. D'ailleurs quand j'ai pris la présidence de l'aéroclub, tout le monde m'a soutenue. »
DES VOLS À GAGNER
Présente au salon du tourisme et des loisirs, les 12 et 13 avril prochains au Progt de Matoury, l'association Zel Lagwiyann mènera donc des actions à destination des femmes. En leur faisant par exemple gagner des vols d'initiation.
Et les hommes ? Eh bien ils devront mettre la main à la poche! (99 euros la demi-heure de vol). Cet événement marquera le début d'une année entière dédiée aux femmes dans l'aéronautique et baptisée « une aile pour elles » . Plusieurs visites de l'aéroclub, ainsi que d'autres vols d'initiation sont d'ores et déjà programmés.
Et Guylaine Bourguignon ne manque pas d'arguments « Etre aux commandes d'un avion et le mot « piloter » prend toute sa dimension. Il ne s'agit pas de réaliser des prouesses, d'être dans la compétition, mais de faire bien, de faire juste. Et cette sensation de liberté... On se sent tellement grand! »
La jeune femme a 17 ans quand elle se retrouve, par hasard, « derrière un manche à balai » . C'était sur un vol Cayenne-Saint-Georges. Mais le vrai déclic a lieu bien plus tard. « En revenant en Guyane, j'ai été frappée par l'enclavement du territoire. C'était alors une évidence qu'il me fallait acquérir les capacités de piloter. » Rien de compliqué, assure-t-elle. « Le premier diplôme, le BIA, c'est du niveau 5e. Et je ne dis pas ça pour être modeste. Mais bien sûr, il faut avoir envie d'apprendre. » Après, tout est permis. « Quel privilège de se dire « ce week-end, on va à Saiil! » On signe où ?
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