Par rapport à une ville parisienne, un panier alimentaire peut valoir jusqu'à 50% plus cher en Guyane (photo d'archives)
Selon une étude réalisée par l'Institut national des statistiques et études économiques (Insee), c'est en Guyane que les écarts de prix entre l'Hexagone et les départements d'Outre-mer sont les plus criants. Et par dessus tout au niveau de l'alimentation : jusqu'à + 50% d'écart entre Paris et la Guyane.
Si un couple de Guyanais faisait ses courses à Paris, il verrait son budget alimentaire chuter de 22%. Inversement, un couple de Parisiens à qui il prendrait l'idée d'acheter, ici en Guyane, les mêmes produits qu'ils ont l'habitude de consommer à Paris, verrait son budget augmenter de 50%. C'est l'un des résultats de l'étude réalisée par l'Insee sur les prix à la consommation en Guyane et aux Antilles. Il y a en moyenne un écart de 13% entre les prix pratiqués en Guyane et ceux de la France. Un écart bien plus important en Guyane qu'aux Antilles et à la Réunion.
LOYERS ET ÉLECTRICITÉ ÉPARGNÉS
Cette différence est de 50% quand il s'agit de produits alimentaires mais est inférieure pour les loyers, l'eau, l'électricité ou encore les cigarettes et les boissons alcoolisés. La Guyane est même beaucoup mieux lotie que la France en matière d'habillement et de chaussures. « Les écarts de prix restent stables » , confie N'ouara Yahou-Dauvier, chef de service régional à l'Insee, se basant sur la dernière étude réalisée en 2010.
Naturellement, le prix de l'énergie, lui, suit étroitement celui du pétrole. L'augmentation du prix à la pompe, comme opérée en janvier 2007 avec l'utilisation obligatoire de carburant aux normes européennes, a eu des conséquences sur plusieurs secteurs : transports mais aussi alimentaire. « La hausse des prix alimentaire affecte davantage les ménages modestes alors que le transport touche plus les ménages aisés » , explique-t-on à l'Insee, évoquant des disparités selon les fonctions de consommation. On découvre ainsi que l'inflation touche faiblement les personnes sans activité professionnelle car moins enclins à se déplacer. Si s'alimenter figure parmi les préoccupations principales des foyers modestes, le transport, lui, préoccupe davantage les plus aisés.
Vice-présidente de l'observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR), Joëlle Prévot-Madère estime que ces chiffres permettront « d'améliorer les dispositifs législatifs » dans la lutte contre la vie chère. Avant la fin de cette année, l'OPMR et l'Insee mèneront d'autres études. La première portera sur les prix, les revenus pour mieux appréhender la pouvoir d'achat des ménages guyanais. La deuxième, très attendue, concerne le coût de l'automobile en Guyane. Aussi en prévision, le coût du passage portuaire.
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