Christian Epailly a la banane
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Christian Epailly a la banane

Karin SCHERHAG
Les 10 000 plants de bananes de Christian Epailly ont pris. Une réussite dont l'agriculteur est particulièrement fier (KS)
Les 10 000 plants de bananes de Christian Epailly ont pris. Une réussite dont l'agriculteur est particulièrement fier (KS)

Souvenez-vous : en août, nous visitions le centre de quarantaine créé par l'ancien président de la Chambre d'agriculture. Trois mois plus tard, ses 10 000 premiers plants de bananes sont prêts à être vendus.

La bonne nouvelle est tombée il y a quelques jours : Christian Epailly a reçu l'agrément d'Etat lui permettant de lever la quarantaine et donc, de vendre ses vitroplants de bananes. Comprenez des plants cultivés in vitro et, dans le cas présent, mûris en serre pendant douze semaines. « C'est une grande victoire » , lâche l'agriculteur dans un large sourire. Et pour cause, Christian Epailly espère écouler ses 10 000 plants de bacoves en un mois. La famille Ducat lui en a commandé 2 000 (lire ci-dessous) et d'autres clients se font connaître tous les jours. Car la particularité des plants cultivés dans le centre de quarantaine de Tonnégrande est qu'ils sont sains, dépourvus de tous les parasites qui rongent habituellement les bananiers guyanais. Comme la cercosporiose noire, qui diminue de 50% le rendement de la plante.
PLUS DE PESTICIDES
Les cultivateurs qui se fourniront chez Christian Epailly n'auront plus besoin d'utiliser de pesticides. A condition bien sûr de respecter des consignes très strictes. « Avoir des sols sains et du matériel sain. Il faut donc qu'il n'y ait pas eu de culture de bananes sur les parcelles utilisées depuis au moins un an, afin de se débarrasser des parasites présents dans le sol » , explique Yvan Mathieu, directeur de la société Vitropic qui a fourni les vitroplants. Venu constater en personne les résultats obtenus par son premier client guyanais, le technicien est formel : « C'est spectaculaire. Tous les plants ont pris et 80% d'entre eux sont déjà prêts à être vendus. » Et Christian Epailly ne veut pas perdre de temps. « J'ai déjà d'autres projets, assure-t-il. Fin décembre, j'aimerais relancer la production du Cayenne Lisse, un ananas qui a disparu des marchés guyanais. Et dans six mois, de l'igname violet, pourquoi pas ? Ma serre peut désormais être utilisée pour n'importe quelle plante alors... »
« Des productions dignes de ce nom »
Julien Ducat est le premier client de Christian Epailly. Le jeune agriculteur de Matiti lui a commandé 2 000 plants de bananes. Il nous explique pourquoi il s'est laissé convaincre.
Pourquoi avoir choisi de suivre Christian Epailly dans cette aventure ?
C'est vrai qu'habituellement, on ne fait pas de végétaux. Ma famille est plutôt spécialisée dans l'élevage. L'idée, c'est de se diversifier car le marché guyanais est étroit. Quand Christian (Epailly) a lancé ce projet piloté par des professionnels, j'ai vu que ce n'était pas un truc fait à la va-vite, au feeling. Ça tenait la route... J'étais venu à l'arrivée des vitroplants et le résultat est très impressionnant. Il n'y a que comme ça qu'on aura des productions dignes de ce nom en Guyane. Il faut arrêter de bricoler.
Vous commencez avec 2 000 plants, c'est beaucoup...
Moi aussi je trouve que c'est énorme (rires)! Je ne m'en rendais pas bien compte au moment des négociations. Mais Christian est un bon vendeur (sourire). J'ai commencé à creuser le terrain il y a une semaine et je me suis arrêté à 650 trous. J'ai donc encore du boulot.
Cela représente un investissement de quel ordre ?
10 000 euros pour un hectare de production. Mais dans moins d'un an, on devrait avoir un retour sur investissement.
Julien Ducat a commencé à planter ses bananiers hier. La première récolte pourrait être vendue en septembre prochain. (KS)
Julien Ducat a commencé à planter ses bananiers hier. La première récolte pourrait être vendue en septembre prochain. (KS)
En achetant ces plants sains, vous allez pouvoir cultiver vos bananes sans utiliser de pesticides. Ce qui réduira les coûts de production et peut-être baissera le prix de vente ?
C'est vrai, la sélection génétique qui se fait à la base permet de limiter les insecticides et les pesticides. Est-ce que ça aura une incidence pour le consommateur final ? Je le souhaite. L'objectif c'est de vendre un fruit de qualité au meilleur prix.
Propos recueillis par K.S.

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