LA PROCÉDURE SELON L'ÉTAT
L'expulsion des squatteurs de Châton, à Cayenne, et les 5 000 euros versés par le promoteur Félix Ho-Tam-Chay à plusieurs familles font polémique. Hier, le directeur de cabinet du préfet, Xavier Luquet, a reçu les membres du Collectif Châton, qui dénonce « une procédure bâclée et malhonnête » . Il a détaillé la procédure suivie par l'État : « Ce sont des terrains du domaine privé de l'État. France Domaines, qui gère les biens de l'État, a obtenu une décision de justice ordonnant l'expulsion des squatteurs, et a pris l'attache d'un huissier de justice qui a demandé le concours de la force publique. Il s'est passé un certain temps, pour faire des vérifications, s'assurer qu'il n'y a pas de trouble à l'ordre public et permettre l'accompagnement social des familles. » LES 5 000 EUROS
Xavier Luquet affirme que l'État est étranger à la distribution de 5 000 euros à des familles de squatteurs : « Une entreprise privée, se considérant intéressée par le terrain, a de son côté mandaté un avocat pour essayer d'avoir une transaction et d'accélérer les choses. Peut-être n'avait-elle pas confiance dans la procédure de l'État. Il faut lui poser la question. » CE QUE DEVIENDRONT LES TERRAINS
La mairie ayant renoncé à son droit de priorité, l'État cherche à vendre deux parcelles : l'ancienne gendarmerie sur la gauche de l'avenue Pasteur, et les terrains jusqu'à la mer en face. Le premier vaudrait 1,5 million d'euros. L'État le vendra au plus offrant, probablement à un promoteur pour du logement de luxe. Les terrains entre la rue et la mer, eux, sont soumis à la loi littoral. « Il ne pourra y avoir qu'un aménagement ouvert au public ou un équipement collectif » , assure Xavier Luquet. Reste à savoir qui le fera. Ce sera soit le Conservatoire du littoral, qui obtiendrait le terrain à l'euro symbolique, ou un aménageur à qui le terrain serait vendu. Il est estimé à 1 million d'euros. Opération déminage à la mairie
Pas question pour la majorité municipale de voir davantage le nom de Marie-Laure Phinéra-Horth associé à l'affaire de Châton et à l'histoire des 5 000 euros. Mercredi matin, les proches du maire ont tenu une conférence de presse en ce sens. « C'est un terrain privé de l'État. L'État en fait ce qu'il veut, explique Serge Bafau, le porte-parole de la majorité municipale. Nous étions partants pour en devenir acquéreur, eh bien nous nous retirons. En revanche, nous serons vigilants au niveau du permis de construire. Cela ne nous empêche pas de poursuivre notre politique d'aménagement du front de mer. »
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters