Carburants : tous les regards tournés vers Bercy
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Carburants : tous les regards tournés vers Bercy

A.S.-M. / F.-X.G.
Marc Ho-A-Chuck, vice-président du groupement des gérants de stations-service de Guyane, se veut rassurant : « Si les négociations se passent correctement et cordialement, on n'aura aucune raison de faire grève. » Donc, pour l'instant, pas de rush annoncé aux stations (photo d'archives)
Marc Ho-A-Chuck, vice-président du groupement des gérants de stations-service de Guyane, se veut rassurant : « Si les négociations se passent correctement et cordialement, on n'aura aucune raison de faire grève. » Donc, pour l'instant, pas de rush annoncé aux stations (photo d'archives)

Les discussions sur les arrêtés de méthode du décret Lurel débutent aujourd'hui au ministère de l'Économie. L'avenir de la filière et les futurs tarifs des carburants seront au coeur des débats.

.La réunion organisée aujourd'hui au ministère de l'Économie et des finances doit mettre face à face, dès 11 heures, les représentants de la filière pétrole (gérants et pétroliers) et ceux des ministères de l'Économie, de l'Écologie et de l'énergie, et des Outre-mer. En jeu : les arrêtés de méthode relatifs à la mise en oeuvre du décret réglementant les prix des produits pétroliers et du gaz de pétrole liquéfié dans les départements d'Outremer. Deux arrêtés distincts seront proposés à la discussion : l'un pour les Antilles et la Guyane, l'autre pour la Réunion.
DES GÉRANTS OPTIMISTES
Les gérants guyanais se disent satisfaits de cette délocalisation des débats à Bercy et plus optimistes que lors des réunions de fin 2013 où ils reprochaient à Victorin Lurel de ne pas mener de véritables concertations. « Nous allons à cette réunion dans une démarche constructive, nous ne sommes plus dans un rapport de force. Nous avons reçu des documents, nous leur avons envoyé nos remarques » , expliquait avant son départ pour Paris Marc Ho-A-Chuck, vice-président du groupement des gérants de stations-service de Guyane. Les débats seront toutefois bien menés par le ministre des Outre-mer en présence de représentants de ses deux collègues.
DES NÉGOCIATIONS AU LONG COURT ?
L'entrée en application du décret est annoncée par Victorin Lurel pour le 1er février, mais pour les gérants, le ministre s'avance un peu vite. En réalité le décret ne peut entrer en application qu'une fois les arrêtés de méthode négociés. Et la réunion d'aujourd'hui n'est que le point de départ de négociations qui pourraient durer. « Cela dépendra de la volonté des parties de s'entendre. Cela peut aller vite mais... la question n'est pas réglée » , commente le vice-président du groupement. Pour rappel, en 2010, les négociations sur le décret Penchard avaient duré... huit mois. Du coup, doit-on craindre de nouvelles grèves des gérants ? « Si les négociations se passent correctement et cordialement, on n'aura aucune raison de faire grève. »
UNE BAISSE DES PRIX PAS ASSURÉE
Autre question qui se pose, et pas la moindre, ce décret va-t-il réellement permettre une baisse du prix des carburants à la pompe ? À en croire les gérants, le texte permettra surtout une meilleure transparence des tarifs sans assurer de baisse substantielle. « Le groupement s'interroge, nous n'avons aucune visibilité sur l'impact que le décret aura sur les prix » , confie Marc Ho-A-Chuck. Selon lui, la baisse des marges de la Sara prévue par le décret ne se traduirait que par un ou deux centimes de moins à la pompe. S'il veut vraiment provoquer une baisse significative pour le consommateur, le gouvernement va donc devoir trouver d'autres leviers, ce qui n'est pas gagné.
A.S.-M. & F.-X.G. à Paris
Ce qui va être négocié concrètement
L'arrêté de méthode négocié à partir d'aujourd'hui va préciser des éléments comme la décomposition du prix et les nouvelles procédures pour l'évolution des marges. Par exemple, afin de définir les prix maximum hors taxes de sortie raffinerie, pour le premier de chaque mois, l'arrêté devra déterminer « un chiffre d'affaires mensuel d'équilibre devant permettre d'assurer le fonctionnement de la Sara » . Le projet d'arrêté prévoit un taux de rémunération à 9%. L'arrêté concerne aussi la fiscalité et la fixation des marges de détail. C'est l'ensemble des données en discussion qui permettra de fixer les prix de vente à la pompe.
Pour mieux comprendre la complexité des négociations, prenons l'exemple des stocks stratégiques. Il s'agit d'une réserve stratégique de carburant pour 73 jours qui permet d'assurer l'approvisionnement prioritaire en cas de pénurie. Ce stockage est actuellement assuré par la Sara et son coût est répercuté sur le prix du carburant vendu par cette société, dit « prix sortie Sara » . Les négociations doivent permettre de trouver une solution pour que ce stockage coûte le moins cher possible au consommateur. Parmi les solutions, la suppression de la répercussion du coût du stockage sur le prix « sortie Sara » pourrait être envisagée. Mais la Sara pourrait alors refuser de continuer à gérer ce stock stratégique pour en laisser la charge aux distributeurs. Ces derniers devraient alors prendre des dispositions dont le coût serait forcément répercuté sur le prix de vente, ce qui aurait l'effet inverse de l'effet escompté. C'est le serpent qui se mord la queue.
A.S.-M. & F.-X.G. à Paris

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