Les gérants de stations services pourraient passer à l'action la semaine prochaine s'ils ne se sentent pas entendus par le ministre Victorin Lurel (photo d'archives)
L'intersyndicale des gérants de stations-service des Antilles, de la Réunion et de la Guyane estime que le décret Lurel, appliqué « en l'état » , ne peut être que « destructeur » .
Réunis hier après-midi en assemblée générale, en Martinique, les gérants des stations-service des quatre départements d'Outre-mer ont voté, à l'unanimité, le déclenchement d'une action généralisée si jamais le gouvernement ne prenait pas en considération leur point de vue sur le décret Lurel. Car ni le contenu du décret Lurel (qui vise à réglementer le prix des carburants outre-mer), ni l'avis favorable de l'Autorité de la concurrence ne conviennent à l'intersyndicale des Antilles, de la Réunion et de la Guyane. Les gérants réclament donc « la mise en place d'un véritable dialogue » avec le ministère des Outre-mer avant la mise en place d'un nouveau décret qui, « s'il est appliqué en l'état, ne peut qu'être destructeur d'emplois et d'entreprises » . Si le ministre ne se montre pas réceptif, les gérants passeront à l'action.
L'ensemble des professionnels du secteur ont également évoqué les points de blocage qui apparaissent dans l'avis de l'Autorité de la concurrence. De fait, si l'intersyndicale « loue la volonté de transparence » que le projet de décret apporte à la filière de distribution de carburants dans la Dom, elle prend note du regret formulé par l'Autorité de la concurrence.
En effet, l'organisme précise ne pas avoir reçu le projet d'arrêté de méthode. « C'est pourtant l'élément clé d'analyse et de compréhension du projet d'application du dit-décret et des conséquences qu'il aura sur la filière » , souligne l'intersyndicale, qui ajoute : « Le ministre n'applique manifestement pas avec l'Autorité de la concurrence et le Conseil d'État la transparence qu'il souhaite voir appliquer dans la filière. »
Lundi, le député de la première circonscription, Gabriel Serville, s'est félicité des avis rendus par l'Autorité de la concurrence. L'élu estime que les décrets « constitueront une véritable avancée » et « démontrent la volonté forte du gouvernement de protéger les intérêts des consommateurs ultramarins » . Un regard quelque peu différent de celui des professionnels de la filière.
(FAM)
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