Joëlle Prévot-Madère a présenté hier les avantages d'un approvisionnement direct en Europe (GA)
(photo d'archives)
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Joëlle Prévot-Madère a présenté hier une étude portant sur des solutions alternatives d'approvisionnement de la Guyane en produits pétroliers. En se fournissant directement en Europe, le prix du carburant pourrait ainsi diminuer d'au moins 20 centimes par rapport à ce que propose la Sara. La décision revient à l'État et aux collectivités.
Au moins 20 à 25 centimes d'économie pour un litre d'essence. Les solutions alternatives d'approvisionnement en carburant présentées hier par Joëlle Prévot-Madère ont de quoi allécher les consommateurs guyanais. D'après les calculs réalisés par la Confédération des petites et moyennes entreprises de la Guyane, la possibilité de se fournir directement en Europe semble effectivement la plus économique. Et surtout, la plus conforme à ce « prix juste » si cher à la présidente de la CGPME. Mais les contours d'une telle organisation restent encore à définir.
Car pour l'heure, nous sommes toujours soumis au décret énoncé par le gouvernement en fin d'année dernière, qui vise à fixer des prix de sortie identiques en Martinique, en Guadeloupe, et en Guyane. Et ce décret, Joëlle Prévot-Madère s'en méfie comme de la peste : « Avec la nouvelle formule des prix à la sortie Sara, on n'a plus aucune transparence. Impossible de savoir comment sont fixés les prix » .
Plusieurs pistes
Dans l'étude réalisée par la CGPME (et financée à 100% par la Drire), plusieurs pistes ont donc été avancées. La première étant de faire venir le carburant d'Europe et en le stockant dans notre zone géographique. Comme le rappelle Joëlle Prévot-Madère, le port de Dégrad-des-Cannes et son faible tirant d'eau ne peuvent pas accueillir des bateaux transportant plus de 10 000 tonnes. Les solutions de stockage dans la zone caribéenne sont légion, « mais cela ne paraît pas économiquement envisageable en raison des coûts supplémentaires que nécessiterait cette méthode » , remarque la présidente de la CGPME. Une autre possibilité serait donc de stocker le carburant en Martinique. « Cela signifierait que la raffinerie des Antilles soit transformée en dépôt, et qu'elle soit ainsi mise sous cocon, ce qui n'est pas immédiatement envisageable, et ce qui, socialement, paraît compliqué » .
« Solution pérenne »
La solution d'un ravitaillement direct Europe-Guyane a au moins le mérite de « pouvoir être mise en place rapidement » , insiste Joëlle Prévot-Madère. « Mais la réponse est entre les mains du gouvernement et de nos deux collectivités » . Présent hier lors de la présentation de ces solutions alternatives, le sénateur Georges Patient : « Cette étude est intéressante, a-t-il commenté. Et je pense que l'État a pris conscience du problème du carburant en Guyane. Il faut maintenant qu'on ait un peu plus de précisions sur cette possibilité d'approvisionnement en direct, mais c'est une piste à creuser. » Intéressée, elle aussi, mais nettement plus sceptique, Sylvie Désert « espère en tout cas qu'on trouvera la solution qui fonctionnera et qu'elle sera pérenne » . La présidente du Groupement de gérants des stations-service s'inquiète notamment de « la quantité de carburant qui va rentrer en Guyane. Qui sera le fournisseur ? Qui passera les commandes ? » , s'interroge-t- elle, de peur de devoir faire face à une situation de monopole.
40 millions d'euros d'économie
Selon Joëlle Prévot-Madère, ces quelque 20 centimes de différence pourraient ainsi permettre « une économie de 40 millions d'euros » aux collectivités. La présidente de la CGPME a d'ailleurs rappelé que « le Conseil général et l'ancienne collectivité régionale avaient déjà donné un avis défavorable à la prise du décret qui nous enferme dans un approvisionnement avec la Sara. Aujourd'hui, ce sont donc eux qui ont les cartes en mains » . Mais hier lors de la réunion, la nouvelle collectivité régionale n'aura brillé que par son absence. Sylvie Désert a précisé être là uniquement en tant que présidente du Groupement de gérants des stations-service.
- Pas d'augmentation en vue
« Non, c'est mensonger » . Telle est la réponse du préfet lorsqu'on lui parle de la rumeur d'une prochaine augmentation de 20 centimes du prix du carburant. Daniel Ferey a par ailleurs expliqué qu'il « faudra bien arriver au prix économique un jour, que ce soit avec une sortie en Martinique ou une sortie métropole. L'étude menée par la CGPME (commanditée par la commission locale sur le carburant et composée de la Région, du Département, de l'État et de l'association des maires) est une étude parmi d'autres dont les conclusions méritent d'être examinées par les ministères de l'Industrie et des Finances. Il aurait été souhaitable qu'il y ait une validation avant qu'on ne lance des chiffres. Si les conclusions de cette étude s'avèrent validées, tout le monde sera enchanté » , a-t-il conclu. De son côté, Marie-Luce Penchard a prévu une réunion de travail le 22 juin au ministère en charge de l'Outremer « pour dresser un bilan d'étape en présence des exécutifs régionaux » .
- Taubira souhaite un décret spécifique
La députée, qui s'est excusée de son absence lors de la réunion, a fait savoir qu'il serait « souhaitable que pour ce qui concerne la Guyane, un décret spécifique lui soit réservé afin de faciliter toute modification ultérieure » . Christiane Taubira évoquait la proximité géographique de la Guyane avec le Brésil, le Venezuela, le Surinam et Trinidad qui vont se doter prochainement de carburants aux normes européennes. « Si ces demandes aboutissent, ces circuits d'approvisionnement seraient plus conformes à la loi relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement.
(photo d'archives)
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