Quel bilan tirez-vous de la première année d'exercice ?
Je suis très satisfait, très heureux de l'accueil réservé par les Guyanais qui en ont entendu parler depuis dix ans. Un accueil formidable, j'en ai la manifestation tous les jours. Le premier pari, réussi, était de faire de Dilo un élément rassembleur. C'est un outil de développement mais surtout un outil d'identité commune. La population guyanaise se retrouve derrière Dilo. Dans les tous les pays, on trouve de l'eau produite localement, par conséquent les Guyanais attendaient ce produit-là. Je ne doutais pas de l'accueil des Guyanais mais tant qu'on n'a pas la confirmation... L'adhésion a-t-elle été facilitée par le prix attractif ?
On entend souvent la critique selon laquelle les produits locaux seraient plus chers que d'autres. Ce n'est pas étonnant car produire en Guyane coûte plus cher. Notre pari était de rester dans les prix du marché, de rester en dessous d'un certain prix. C'était une politique décidée dès le départ. C'était difficilement concevable d'avoir une eau locale beaucoup plus chère que celle importée. On a aussi démarré sur un prix promotionnel pour lancer le produit. Même s'il y a des augmentations au cours de l'année, on fera en sorte qu'elles soient limitées parce qu'on veut que toute la Guyane boive cette eau. Le prix a participé à l'adhésion, la qualité du produit aussi. Un produit qui n'est pas bon ne passe pas, même s'il est guyanais. La population est fière de son eau. Les habitants se sont approprié le produit. Financièrement, vous vous en sortez ?
Si on a appliqué ces tarifs, c'est que tout cela était calculé à l'avance. De toute façon, on doit plus ou moins réajuster nos prix parce que les matières premières augmentent, parce que le transport augmente, le carburant augmente. Il y aura une augmentation à un moment donné mais nous voulons conserver des prix pour que le produit soit accessible à tout le monde. Au départ, l'objectif était de capter 30 à 35% du marché de l'eau vendue en bouteille. Vous en êtes où aujourd'hui ?
Nous sommes dans nos prévisions. À partir du moment où on produit sans problème, on vend sans problème. Et dès qu'on pourra augmenter notre capacité de production, on pourra augmenter nos parts de marché. Quelles sont les nouveautés prévues pour cette année ?
En novembre 2012, nous avons commencé notre production avec un seul produit, la bouteille d'1,5 litre et depuis juin, nous produisons les petites bouteilles. L'objectif est d'augmenter notre production en élargissant notre gamme de produits. On espère cette année sortir les bouteilles de 5 litres et la bouteille d'eau gazeuse. L'objectif à terme est de proposer l'ensemble de la gamme disponible et de faire un peu de sucré. Le fait d'avoir franchi les obstacles dressés sur votre route avant de parvenir à produire vous a-t-il rendu philosophe ?
Philosophe, je ne sais pas si c'est le terme mais il faut être capable de tenir. En général, je n'ai pas toujours cette patience-là. Mais de toutes les façons, c'est compliqué de produire en Guyane. Ceux qui produisent se retrouvent en difficulté car dès qu'il y a une panne, il faut se tourner vers l'extérieur. La pièce peut être dans n'importe quelle partie du monde. C'est pour cela que je suis globalement satisfait de cette première année parce que, malgré les difficultés, les lourdes pannes à certains moments, nous avons réussi à être peu ou prou réguliers dans la production. La réussite est là... Les collectivités vous ont-elles accompagné ?
Il y a d'abord l'octroi de mer, une taxation plus forte pour les produits à l'import à partir du moment il y a une production locale. On a été aidé par le conseil régional, le conseil général qui sont des partenaires importants de Dilo.
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