Mardi 9 avril 1968, Kourou. Ce matin-là, le
ciel était couvert. Levée depuis la veille, nourrie d'acide
nitrique et d'essence de térébenthine, Véronique attendait
l'éclaircie, prête pour le grand saut. « La sauvegarde devait
pouvoir la garder à l'oeil. En cas de déviation au-delà d'une
certaine frontière, on envoyait l'ordre de destruction, se souvient
Jean-Claude Renou, 83 ans, ancien chef de mission au Centre
national d'études spatiales (Cnes). Bien sûr, comme aujourd'hui, on
avait la pression avant le lancement. Mais ce n'était pas ma
première campagne, j'avais été au Sahara... »
La décision d'implanter la base spatiale
française en Guyane avait été annoncée par le général de Gaulle en
1964, deux ans après l'indépendance de l'Algérie. En quelques
dizaines de mois, 80 000 tonnes de matériaux avaient été acheminées
par bateaux vers Kourou. Après l'expropriation de 80 foyers (sur
les 600 habitants que comptaient le bourg et les plaines au début
des années 1960), plus de 2300 travailleurs s'attelaient à
construire, en 1967, le centre spatial et la cité nouvelle, bientôt
desservie par un pont.
Le...
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