Le vol inaugural d'Ariane 6 est annoncé pour 2020 (illustration Esa)
C'est confirmé, l'évolution tant annoncée du lanceur lourd européen n'aura finalement pas lieu. L'Europe spatiale a confirmé, jeudi lors d'une réunion en Allemagne, qu'elle passera directement à Ariane 6 en zappant l'étape Ariane 5 ME.
Ces derniers mois, les questions sur l'évolution d'Ariane 5 ME (évolution à mi-vie) recevaient généralement des réponses évasives, parfois gênées. Désormais, on sait pourquoi. Au sortir d'une réunion des États membres jeudi dernier à Cologne (Allemagne), la secrétaire d'État en charge de la Recherche, Geneviève Fioraso a confié à la presse nationale qu'il y a « un accord général pour aller, compte tenu de la compétition internationale, vers un lanceur plus compétitif. On se dirige vers le bon scénario, c'est-à-dire directement vers un lanceur européen plus compétitif, c'est la solution Ariane 6. » Plus compétitive et surtout moins chère. Ariane 6, comme l'ont souvent répété Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d'études spatiales (Cnes) et son successeur à la tête d'Arianespace, Stéphane Israël, est « cost driven » , c'est-à-dire que le développement est piloté par les coûts. En somme, Ariane 6, telle qu'elle est imaginée aujourd'hui, reprendra des éléments déjà développés pour d'autres lanceurs comme Vega ou Ariane 5. Il faudra néanmoins mettre sur la table quelque 4 milliards d'euros, somme comprenant également le pas de tir sur la base spatiale kouroucienne. Avec un prix réduit (40% de moins par rapport à Ariane 5), le nouveau lanceur pourra faire face à la concurrence mondiale qui est aujourd'hui très élevée.
Mais la décision d'aller directement à Ariane 6 n'a pas été un long fleuve tranquille puisque l'Allemagne, par le biais de sa secrétaire d'État en charge du spatial, avait dit « nein » il y a quelques semaines. Brigitte Zypries, dans une lettre adressée au directeur général de l'Agence spatiale européenne (Esa), avait émis des doutes quant à la volonté de zapper l'Ariane 5 ME. Elle estimait qu'en « raison d'un manque de temps, une préparation solide et une analyse d'Ariane 6 ne peuvent pas avoir lieu » . Jeudi, l'Allemagne s'est ralliée à la France. C'est de bon augure à quelques jours de la prochaine conférence des ministres prévue le 2 décembre à Luxembourg. Ariane 6 devra y prendre officiellement vie là-bas.
Édition spéciale : Rétro 2025
Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters