Ariane-6 prend son envol
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Ariane-6 prend son envol

T. F.
Ariane-5 sera abandonnée au profit d'Ariane-6 dès 2020 (photo d'archives)
Ariane-5 sera abandonnée au profit d'Ariane-6 dès 2020 (photo d'archives)

Les ministres des États membres de l'Agence spatiale européenne (Esa) ont validé hier matin, à Luxembourg, le projet d'un lanceur plus compétitif qui doit remplacer Ariane-5 dès 2020.

Un accord « historique » . C'est ainsi que la France a qualifié la validation du projet de lanceur Ariane-6, hier à Luxembourg, par les ministres chargés de l'espace au sein des vingt pays membres de l'Agence spatiale européenne (Esa). La nouvelle fusée, à la fois plus « modulaire » et compétitive qu'Ariane-5, doit remplacer cette dernière dès 2020.
Face à une concurrence internationale de plus en plus féroce, dont les coûts sont bien inférieurs à ceux du lanceur européen, une solution devait être trouvée. En effet, le tir d'une Ariane-5 nécessite un investissement de 220 millions de dollars (soit près de 178 millions d'euros). Un montant nettement supérieur aux séries de lanceurs Delta IV (États-Unis, 17 0 millions), Atlas V (États-Unis, 125 millions), Proton M (Russie, 100 millions) ou Falcon 9 (État-Unis, Space X, 40 millions). Un écart handicapant, malgré l'excellence et la fiabilité affichées par l'Agence spatiale européenne et son lanceur Ariane-5 depuis 2002, avec 62 lancements réussis.
L'agence spatiale européenne a essuyé plusieurs refus dans sa volonté de faire évoluer son lanceur. Ce, malgré de premiers accords de principes actés en 2013 à Naples. Une proposition d'Ariane-6 PPH (poudre-poudre-hydrogène) a ainsi été rejetée en 2014. Trop chère. Finalement, c'est une version basée sur les technologies déjà existantes, et éprouvées, d'Ariane-5 et de Vega (lanceur italien) qui a obtenu l'approbation des ministres.
DEUX VERSIONS D'ARIANE 6
Le nouveau lanceur sera modulable en deux versions. Une Ariane-6.2 pour le marché institutionnel et une Ariane-6 pour le marché commercial. Pour la première, le coût d'un lancement devrait se monter à 75 millions d'euros. Il serait de 115 millions d'euros pour la seconde.
Pour arriver à une mise sur orbite d'Ariane-6, un engagement financier estimé à 800 millions d'euros par an, pendant dix ans, sera nécessaire. Avec, notamment, la construction d'un nouveau pas de tir.
« Une bonne nouvelle pour la Guyane »
Réélu président de la fédération du BTP (bâtiment et travaux publics - lire ci-contre), Olivier Mantez se félicite de la validation du projet Ariane-6. « C'est une bonne nouvelle pour la Guyane et pour la région de Kourou, sinistrée (dans le secteur de la construction), assure-t-il. Ça représente un investissement de 400 millions d'euros pour la construction du pas de tir. La France va prendre en charge 50%, donc ça fera 200 millions pour la Guyane. Le chiffre d'affaires du BTP va de 400 à 450 millions d'euros par an, mais c'est bien. »
Les pré-terrassements doivent commencer fin 2015 et le chantier en 2016, jusqu'en 2020.
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