Air Antilles Express : le courrier de la mandataire ad hoc remis en question
Ce mardi 25 juillet 2023, un courrier signé de Catherine Poli, administratrice judiciaire et mandataire ad hoc de la procédure de restructuration du groupe CAIRE a fuité dans la presse. Dans ces lignes, l'administratrice déplore la grève et rappelle qu'elle met en danger financier l'entreprise, au point qu'il faille se résoudre à déposer une déclaration de cessation de paiement.
Les mots sont lâchés. La situation financière du groupe CAIRE est telle que la cessation de paiement serait inévitable. Une crainte d'ailleurs exprimée par son président Éric Koury, dès les premiers jours de la grève. Dans un courrier daté du 21 juillet 2023 et rédigé à l'issue d'une réunion de CSE ce même jour, l'administratrice judiciaire se désole que la grève soit toujours en cours et recommande fortement d'y mettre un terme pour "qu'une reprise immédiate des vols soit effective dès demain (22 juillet) pour permettre de générer le chiffre d'affaire qui financera le maintien d'activité jusqu'à la cession."
La situation serait donc critique.
En dépit de ses propos inquiétants, ce courrier n'a pas affolé le personnel en grève. Il croit même y renifler une énième tentative de manipulation d'Éric Koury. "Nous ne comprenons pas comment un courrier confidentiel a pu attérir entre les mains de la presse, alors que nous, personnel avons tant de mal à arracher des informations sur l'entreprise. En tout cas, nous ne l'aurions pas divulgué car cela ne va pas dans nos intérêts. Nous voulons malgré tout protéger notre outil de travail, mais pas au détriment de notre situation sociale et financière." explique une salariée.
De plus, les salariés refusent de penser que la grève soit le seul mal dont souffre l'entreprise.
"Ce ne sont pas 11 jours de grève qui ont mis Air Antilles à genoux. Le peu de données que nous avons pu consulter quant à la santé économique du groupe montrent surtout que le modèle économique qui consiste à faire tourner une société sur de la défiscalisation n'est pas viable. Car tout l'argent injecté ne va pas vers les employés du groupe, mais fuit vers d'autres intérêts." continue l'employée.
Une situation difficile à vivre alors qu'une partie du personnel est obligée de cumuler deux emplois pour s'en sortir ou de poser des congés sans solde afin de prendre une activité plus rémunératrice. Les salariés sont unanimes, en 20 ans, le groupe CAIRE n'aura jamais revalorisé le salaire de ses employés, même les plus anciens.

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