Air Antilles Express : pas de sortie de crise en vue
Le conflit entre les pilotes et personnels affiliés au syndicat SPNL et la direction de la holding CAIRE est en voie de pourrissement. En 15 jours de mobilisation, aucune rencontre entre les parties ne s'est tenue. Malgré tout, les pilotes ont voté la reconduction de la grève jusqu'à la fin du mois de juillet.
De désinformation en déstabilisation, le conflit à Air Antilles est sur le point de tourner chocolat. Ce lundi 24 juillet 2023, les pilotes et les personnels au sol qui ont pu rejoindre la grève ont voté la reconduction du mouvement en dépit du fait que la direction refuse encore de les entendre, où du moins pas selon la méthode idouane lors du conflit social.
"La seule plateforme où un semblant de dialogue est possible est lors des réunions extraordinaires du CSE, qui, je le précise, ne sont pas faites pour cela. En fait, M.Koury expose les pilotes devant l'ensemble du personnel ce qui ne contribue pas à l'apaisement des tensions." déplore Vivien Rousseau du SNPL.
Il semble même que la direction ait démarré les tentatives de destabilisation de la grève, notamment par la publication d'un communiqué des personnels au sol appelant à la fin du conflit.
"Ce collectif de gens du sol est mené par quelques cadres proches de la directrice commerciale, elle-même manoeuvrée par la direction du groupe CAIRE. Je le redis, il y a une quasi unanimité du personnel pour la grève." continue Vivien Rousseau.
Des stratégies sont aussi à l'oeuvre du côté des pilotes, mais avec l'ambition d'ouvrir le dialogue social.
Selon nos informations, les pilotes veulent sensibiliser les élus de Guadeloupe de Martinique et de Guyane, l'État, et les acteurs économiques des trois départements en espérant que leurs voix forceront l'ouverture des négociations.
"Nous avons conscience que l'enlisement du conflit pénalise la compagnie. Il pénalise nos passagers, le personnel, l'économie touristique du bassin et l'image de marque des compagnies Air Antilles et Air Guyane. Il faut trouver une solution. Je rappelle qu'en Guyane, CAIRE a une délégation de service public (DSP) pour le désenclavement de certains villages éloignés. C'est donc une question d'utilité publique."
Toutefois, compte tenu de la ligne dure choisie par la direction, rien n'assure que ce recours ait des chances de faire évoluer les choses. Pour la direction nationale du SNPL, ce conflit social prend des allures d'ovni. D'autant plus qu'il y a quelques semaines, des négociations serrées avec entre les personnels et la direction d'Air Caraïbes ont réussi à accoucher d'une revalorisation salariale afin de rattraper l'augmentation du coût de la vie.
"Ces négociations étaient dures, mais au moins elles se sont tenues. Nous n'étions pas dans l'ordre de refus catégorique tel que celui que nous voyons pour CAIRE. Mais nous y sommes arrivés car nous sommes un syndicat progressiste nous ne souhaitons pas arriver au conflit. Ici, les employés se battent pour des avancées qui n'ont même pas d'impact financier lourd sur la compagnie."
En effet, la majorité des points sur la liste de revendications sont purement fonctionnels. Amélioration de la visibilité sur les plannings, tickets restaurants, structuration de l'encadrement défaillant, révision de la procédure de programmation des congés, clarification des fiches de paie, mise en place d'un repas décent et complet...)
Pour l'heure, la direction émet seulement des menaces. La dernière en date, la mise en liquidation pure et simple de l'entreprise.

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