1er mai au Muzédunimport'koi : «Il faut que les gens aient moins le réflexe d'importer»
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1er mai au Muzédunimport'koi : "Il faut que les gens aient moins le réflexe d'importer"

J.LP
Juliette et sa nièce exposaient bijoux et vanneries Kali'na.
Juliette et sa nièce exposaient bijoux et vanneries Kali'na. • J.LP

L'association Audace a organisé une matinée dédiée à la souveraineté guyanaise, ce matin, au Muzédunimport'koi, à Cayenne.

La rue du 14 juillet s'est transformée en un petit marché local, animé par les stands de créateurs et producteurs ce jeudi 1er mai. Devant une table ornée de bijoux et de vanneries Kali'na, Juliette pense à une époque révolue. "Pendant quinze ans, je vendais du pain dans l'ancienne boulangerie qui se trouvait juste ici", raconte-t-elle avec un sourire. "Ce 1er mai est l'occasion de me souvenir de toutes ces années de travail", ajoute-t-elle. 

Aujourd'hui, elle est présente avec son association Wai:mipio Doigts de fée, pour vendre des produits artisanaux. Des repas et boissons traditionnels étaient aussi proposés pour encourager les passants à consommer local.

Dénoncer les conditions de travail des artisans

En face de son stand, Sheba expose elle, ses œuvres d'art réalisées à partir de chutes de tissu. En cette journée dédiée aux travailleurs, elle rappelle les difficultés qu'elle rencontre. "Ce n'est pas toujours facile de travailler dans de bonnes conditions, mais nous sommes passionnées. Cette journée nous permet de nous sentir utiles", témoigne-t-elle.

Un peu plus loin, JR évoque l'importance historique du 1er mai. "Ce n'est pas seulement une fête. C'est une journée de lutte", souligne-t-il. 

Sheba présentait ses réalisations faites à partir de chutes de tissu.
Sheba présentait ses réalisations faites à partir de chutes de tissu. • J.LP

Des réflexions autour de la souveraineté alimentaire

Chantal Berthelot, directrice de la Safer, a animé une discussion sur la souveraineté alimentaire, rappelant un acteur souvent oublié : l'agriculteur. Quels sont nos savoir-faire endogènes ? Comment les rendre productifs ? Comment les commercialiser dans des circuits courts ? 

"L'alimentation ne doit pas être entre les mains des grands groupes. Elle n'est pas une marchandise comme les autres. Il faut inventer des circuits courts pour que les Guyanais aient accès à une alimentation de qualité", clame-t-elle. 

Chantal Berthelot, directrice de la Safer.
Chantal Berthelot, directrice de la Safer. • J.LP

Depuis la crise sanitaire, cette volonté s'est renforcée en Guyane, estime-t-elle. "Nous avons vu émerger de nombreux marchés éphémères et de proximité. Les gens ont redécouvert l'intérêt de s'alimenter directement chez le producteur."

Consommer local dans sa globalité

Pour Sergine Boutrin, à l'initiative de l'événement, l'objectif était de sensibiliser le public à la consommation locale et d'encourager une réflexion sur la souveraineté. "Il faut que les gens aient moins le réflexe d'importer et soutiennent le pays, même si parfois, certains produits sont un peu plus cher". À travers cette journée, elle souligne la nécessité de valoriser les savoir-faire locaux pour construire une souveraineté durable, qu'elle soit alimentaire, culturelle ou économique.

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