Retrait du créole de l'agrégation : la contre-attaque s'organise
Les défenseurs de la langue créole s'organisent depuis Paris pour mobiliser élus et pouvoirs publics contre le retrait du créole du concours de l'agrégation 2025
Un timing désastreux. Au début de ce mois d'octobre, alors que commençait un peu partout en France le festival « Mois Kréyol », est tombée la nouvelle de l'absence de la langue créole au concours national de l'agrégation. « C'est une très mauvaise nouvelle parce que le créole est une langue d'excellence, qui mérite d'être enseignée », se désole Delcia Boudhaye, présidente de l'association Zaminotte.
Ce samedi 25 octobre, dans les locaux de l'Assemblée nationale, à Paris, les militants de cette association organisaient une dictée dans les créoles de trois îles : la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion. « C'est une manière de montrer que le créole est un combat de tous les jours, commente le député (PS) de Guadeloupe Christian Baptiste, coorganisateur de l’événement littéraire. Comment comprendre que le basque, l’occitan ou encore le corse soient dans l’agrégation, mais que notre langue n’y figure pas ? Ce n’est pas un oubli, c’est encore une façon de nous invisibiliser et de ne pas faire droit à nos revendications anciennes et légitimes, par exemple la signature par la France de la Charte européenne des langues régionales ! »
L'indignation face à l'absence du créole dans le concours national de l'agrégation fait consensus chez les parlementaires ultramarins. La députée (PS) de Martinique Béatrice Bellay a déjà pris position, dénonçant du « mépris », de même que le député (LIOT) de Guadeloupe Olivier Serva.
Chez les militants, l'indignation est aussi largement partagée. « Nous, ce qui nous pose problème, et cela a même fait l'objet d'un bokantaj, c'est que cela revient à dévaloriser notre patrimoine linguistique, proteste Samuel Féréol, militant associatif, initiateur de créole en région parisienne. Nous allons poursuivre la sensibilisation et la mobilisation sur ce sujet. Il faut savoir qu’à Paris, il y a énormément de créolophones et aujourd’hui un regain d’intérêt pour le créole chez nos compatriotes. Ce regain est transgénérationnel, nous étions sur une excellente dynamique. Le fait que l’État décide ce retrait-là, ça peut inverser la tendance. »
Pétitions, tribunes, lettres ouvertes : de nombreux textes sont en préparation, les militants n’entendent pas en rester là.

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