Une tragédie familiale sur les planches de l'Encre
la pièce est suivie d'un échange avec les spectateurs. L'occasion de recueillir leurs réactions et d'ouvrir le débat sur les réalités sociales de la Guyane
La pièce " Mon fils, ma sentence ", écrite par Stephène Fortuné, sera présentée à l'Encre, le samedi 18 juillet à 20 heures.
L'intrigue se déroule en huis clos. Marie-Véronique, une mère, est confrontée à une situation déchirante : l'un de ses fils comparaît devant la justice pour des faits liés au trafic de drogue, tandis que l'autre, policier, a participé à l'enquête ayant conduit à son arrestation. Entre loyauté, amour maternel et tensions familiales, la confrontation est inévitable.
" J'ai écrit cette pièce par rapport à ma profession d'éducateur. J'ai rencontré des familles qui vivaient exactement la même situation. Deux cousins : l'un faisait la mule, l'autre était gardien de la paix. Cela m'a interpellé ", raconte t-il.
À travers cette histoire, l'auteur souhaite interroger le public sur les mécanismes qui conduisent certains jeunes vers le trafic de stupéfiants. " On juge souvent les conséquences sans toujours se soucier du contexte qui peut conduire un jeune à faire ce choix ", explique Stephène Fortuné metteur en scène.
L'influence des fréquentations, l'absence de figure paternelle, les familles monoparentales ou encore les difficultés éducatives sont autant de thèmes abordés au fil de la représentation.
D'une durée d'environ 1 h 30 à 1 h 40, la pièce est suivie d'un échange avec les spectateurs. L'occasion de recueillir leurs réactions et d'ouvrir le débat sur les réalités sociales de la Guyane. " Deux enfants peuvent recevoir la même éducation et pourtant emprunter des chemins totalement différents."
Une année d'écriture
L'écriture de " Mon fils, ma sentence " a nécessité près d'une année de travail. La distribution réunit des comédiens amateurs guyanais, parmi lesquels Sabrina Tabar, dans le rôle de la mère, Élie Fortuné, qui incarne le fils policier, ainsi que Kervens Olibert.
La représentation à l'Encre sera la cinquième de la pièce. Elle a déjà été jouée devant des étudiants de l'Université de Guyane, puis au centre pénitentiaire en octobre. Une tournée dans plusieurs communes est aussi prévue à la rentrée, avec des séances destinées aux collégiens.
Installé en Guyane depuis plus de trente ans, Stephen Fortuné mène cette activité artistique en parallèle de son métier d'éducateur au sein de l'association Entraide et Réussite. Habitué des créations engagées, il a déjà écrit plusieurs pièces traitant de problématiques de société en Guyane, notamment les violences faites aux hommes ou encore la violence chez les jeunes.

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