Les coffrages en bois sont à nouveau remplis de sables, comme ici à Saint-Laurent du Maroni (AL)
Le chef coutumier de Yalimapo, Daniel William (à gauche), et son frère, François, nettoyent les tombes de leurs parents dans le cimetière de Yalimapo. (Rasied Mursallin)
Jean Balise, 61 ans, jobeur au cimetière de Mana, il a nettoyé quatre tombes en tout. Les tarifs varient entre 20 et 30 euros en fonction des travaux. (Rasied Mursallin)
Deux jobeurs au cimetière d'Awala : Aermond Auguste (à gauche) et Emilio Blaise (Rasied Mursallin)
Herman Pandel, 16 ans, lycéen et jobeur au cimetière de Mana. Il s'est occupé d'une dizaine de tombes en tout. (Rasied Mursallin)
À Cayenne, William (t-shirt bleu) travaille dans les espaces verts. Il est venu nettoyer cette tombe pour son employeur mais ce weekend c'est à Rémire-Montjoly qu'il ira se recueillir (AG)
(Alice Lauréat)
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À quelques jours de la fête des morts, les Guyanais s'activent aux cimetières pour réparer, nettoyer et décorer les tombes familiales. Des jeunes proposent toujours leurs services pour se faire quelques sous. Comme chaque année l'effervescence est là : Saint-Laurent, Awala-Yalimapo et Cayenne n'échappent pas à la règle.
Le cimetière de Saint-Laurent, en plein centre-ville, est de plus en plus fréquenté à l'approche de la Toussaint.
À peine garées devant l'entrée, les familles se font alpaguer par des jeunes qui proposent leurs services. Ces « jobeurs » nettoient, décorent ou même réparent les tombes pour quelques euros. En pleine journée, ils sont plusieurs dizaines à travailler sur des tombes, d'autres attendent le client, assis dans une brouette à l'ombre. « Une petite tombe, comme celle d'un enfant, nous rapporte 20 euros, » explique Jean-Luc, 16 ans. Cet étudiant de Mana vient chaque année à la Toussaint, ici, au cimetière de Saint-Laurent, pour récolter quelques euros. « On peut demander jusqu'à 50 euros pour une grande tombe » poursuit-il. Avec un copain, il va chercher du sable au fond du cimetière. Il le charge dans sa brouette et le déverse dans un coffrage en bois.
VOLS AU CIMETIÈRE
Deux allées plus loin, Richard s'active près d'une tombe. Il repeint le caveau écaillé par la pluie au fil du temps. Lui aussi a passé sa semaine ici et estime que c'est plutôt rentable.
Plus loin, sous un grand parasol, deux hommes s'affairent autour d'une tombe. Roméo, le père, répare intégralement la tombe de la grand-mère maternelle de son fils Rolann. « On a mis deux semaines à tout refaire : fabriquer un nouveau coffrage, cimenter et carreler le tout » , constate-t-il. Eux n'emploient pas de jeune pour faire le travail : ils préfèrent le faire entre père et fils. « C'est surtout que c'est un travail conséquent. Les jeunes, eux, cherchent plus du nettoyage, des petits travaux » . Roméo regrette tout de même qu'il y ait des vols au cimetière. Il a laissé du matériel, comme du bois et des outils qu'il n'a plus retrouvé le lendemain.
Les jobeurs s'affairent au cimetière de Cayenne
« Vous avez besoin d'un job ? » . À l'approche de la Toussaint, cette question se fait courante dans les cimetières du département. C'est aussi le cas dans celui de Cayenne. Claudy, jobeur en attente d'un travail dans la maçonnerie, est sur place depuis déjà deux semaines. « Je fais tout. Mon tarif dépend de la taille de la tombe » .
Comme lui, beaucoup essayent d'appâter le client et s'affairent autour des sépultures pour le nettoyage, le cerclage et la peinture. Achille Raymond, lui, posté devant les grilles du cimetière vend comme chaque année depuis sept ans le traditionnel gérique, mélange de sable et de coquillages, bien qu'interdit. « On va le chercher sur les rochers avec une bande de copains c'est assez dangereux, on est seulement deux à le faire » , raconte-t-il. Malgré tout, dans le cimetière certaines tombes semblent abandonnées. Charles Marigard, conser vateur au cimetière explique : « Plus personne ne vient s'occuper de certaines tombes. Mais il y a aussi celles des Témoins de Jéhovah qui ne célèbrent pas la Toussaint. » A.G
Infos pratiques :
Tous les travaux de nettoyage doivent être achevés aujourd'hui. Demain le cimetière sera fermé. Dimanche et lundi il sera ouvert de 6 heures à 22 heures, uniquement pour fleurir et se recueillir.
À Cayenne, William (t-shirt bleu) travaille dans les espaces verts. Il est venu nettoyer cette tombe pour son employeur mais ce weekend c'est à Rémire-Montjoly qu'il ira se recueillir (AG)
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Le chef coutumier de Yalimapo, Daniel William (à gauche), et son frère, François, nettoyent les tombes de leurs parents dans le cimetière de Yalimapo. (Rasied Mursallin)
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Jean Balise, 61 ans, jobeur au cimetière de Mana, il a nettoyé quatre tombes en tout. Les tarifs varient entre 20 et 30 euros en fonction des travaux. (Rasied Mursallin)
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Deux jobeurs au cimetière d'Awala : Aermond Auguste (à gauche) et Emilio Blaise (Rasied Mursallin)
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Herman Pandel, 16 ans, lycéen et jobeur au cimetière de Mana. Il s'est occupé d'une dizaine de tombes en tout. (Rasied Mursallin)
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