L’épave de l’Edith Cavell au cœur d’une conférence historique
L’épave de l’Edith Cavell, visible sur le Maroni face à Saint-Laurent-du-Maroni, témoigne d’un naufrage survenu le 30 novembre 1924.
L’épave de l’Edith Cavell, visible sur le Maroni face à Saint-Laurent-du-Maroni, témoigne d’un naufrage survenu le 30 novembre 1924. Lucien Durand, directeur du Port de l’Ouest Guyanais et passionné d’histoire maritime, revient sur cette affaire lors d’une conférence vendredi 30 octobre à 18 h 30, aux Archives territoriales de Guyane.
Construit en 1898 sous le nom de Wagner, ce vapeur marchand britannique est rebaptisé Edith Cavell en 1915, en hommage à l’infirmière britannique exécutée pendant la Première Guerre mondiale. En novembre 1924, le navire effectue un voyage commercial depuis Marseille vers les Antilles, avec des escales en Guyane. À l’approche de l’appontement de l’administration pénitentiaire de Saint-Laurent, il s’échoue sur la roche qui porte aujourd’hui son nom.
Les circonstances de l’accident soulèvent des questions. La préparation des ancres, les conditions de la manœuvre et les responsabilités de l’équipage font l’objet de témoignages contradictoires. Le pilote met en cause la conduite des officiers, qui contestent certaines de ses déclarations. L’affaire prend une autre dimension avec l’hypothèse d’une perte volontaire du bâtiment, évoquée dans le cadre de l’enquête judiciaire.
À partir des rapports et des pièces d’époque, Lucien Durand retrace le déroulement de cette affaire et le travail du procureur Simonneau, dont le rapport du 8 mars 1925 examine les témoignages, l’état du navire et les questions d’assurance. La procédure aboutit à un non-lieu, sans que les soupçons formulés à l’époque suffisent à établir une intention criminelle. La conférence propose de revenir sur les faits documentés et les interrogations qui entourent encore l’histoire de cette épave devenue une silhouette familière du paysage saint-laurentais.

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