« Je n’ai pas de rêves, que des cauchemars » : Badbay Mono se confie sur son parcours
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« Je n’ai pas de rêves, que des cauchemars » : Badbay Mono se confie sur son parcours

Nahomie PERIGNY et Koday

Badbay Mono reçoit France-Guyane à Pascaline, le quartier où il a grandi. Après la prison et les épreuves, l’artiste guyanais raconte aujourd’hui son parcours à travers sa musique. Une vie qu’il assume et dont il se sert comme d’un avertissement pour la nouvelle génération

 

C'est à Pascaline que tout a commencé pour toi. Est-ce que tu peux nous parler de tes débuts ?

J'ai commencé avec Ken Vybz. On faisait des freestyles à l'ancienne, ensuite on a progressé avec Kili. Avant le buzz, j'étais le même Badbay Mono que l'on voit dans les clips. Les anciens le savent, les petits, non.

Tu étais un jeune comme les autres. Qu'est-ce qui t'a poussé à commencer une carrière dans la musique ?

Je n'étais pas très motivé au début. C'était plutôt Kili qui me motivait et me forçait un peu.

Tu le dis toi-même, les jeunes n'ont pas connu l'ancien Badbay Mono et pourtant, ce sont eux qui t'écoutent le plus. Selon toi, est-ce qu'une musique peut influencer la jeunesse ?

Oui, elle peut l'influencer dans un sens comme dans l'autre. Mais dans mon cas, je raconte juste l'histoire de ma vie et ma façon de penser. Pour moi, un artiste, c'est quelqu'un qui chante ce qu'il connaît. Ce n'est pas un professeur. Je chante ma vie. Si, en plus, ils ressentent la vibe, c'est un plus pour moi. J'aime tous mes sons, qu'ils buzzent ou pas.

Sans la musique, qu'est-ce que tu aurais voulu faire ?

Sans la musique, j'aurais été comme les autres, en mode gangsta. La musique m'a sauvé. Il faut que les jeunes comprennent qu'il n'est jamais trop tard, même si tu penses le contraire. Si c'est ton moment, c'est ton moment.

Et toi, tu t'attendais à ce que ce soit ton moment et à cartonner à ce point ?

Je ne m'attendais pas du tout à ça. Si c'est là et que c'est pour moi, je prends. C'est pour ça que maintenant, je kiffe à fond ce que je fais. J'essaie de faire mieux, d'apprendre pour évoluer.

Tu ne t'en caches pas, tu as déjà été en prison. Est-ce que ça t'a influencé ?

Quand j'étais en prison, je n'étais pas dans la musique. Je ne savais même pas que j'allais devenir chanteur. J'étais en prison comme tout le monde, il faut survivre.

La prison m'a appris beaucoup de choses : qu'il n'y a pas beaucoup de camarades. Ça, c'est important. Tu peux dormir avec lui, manger avec lui, fumer avec lui, et le lendemain matin, il se lève, il ne peut plus piffrer ta tête et il te met un coup. La prison et dehors, c'est la même chose.

Mais qu'est-ce que tu dirais à ces jeunes qui, en t'écoutant, veulent vivre ta vie ?

Que mes phrases ne sont pas à prendre pour exemple. Ce sont des avertissements, des précautions à prendre. Ne faites pas comme moi, parce que j'ai eu de la chance, mais j'ai pris des coups de couteau, des coups de fusil. Mais je suis encore là. Et c'est ce que j'explique dans ma musique.

On a compris que tu cartonnes en Guyane, mais aussi aux Antilles. Est-ce que Badbay Mono aurait le rêve d'une carrière plus lointaine ?

Moi, je n'ai pas de rêve. J'ai plus de cauchemars.

 

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