Le roi Vaval et sa reine sont arrivés chez les grands de la banlieue parisienne
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Le roi Vaval et sa reine sont arrivés chez les grands de la banlieue parisienne

Stéphane Floricien

3ᵉ édition de l'arrivée du roi Vaval au carnaval guyanais de la banlieue parisienne ce samedi soir. Pour la 1ʳᵉ fois, Sa Majesté était accompagnée de sa reine.

En connaisseurs, les Touloulou se garent loin de la salle L'Event à Boissy-Saint-Léger (94), qui a ouvert à 21 h 30. L'entrée est gratuite avant minuit, et l’accès au vestiaire permet un habillage discret. Précédée par deux groupes et quelques allocutions, l'arrivée du roi Vaval et de sa reine au centre de cette grande salle, prévue pour les mariages, se fait à 22 h 30 devant plus d’une centaine de personnes. Un moment quasi éphémère, mais ô combien attendu par tous, organisateurs comme public, chacun pour ses raisons.

« Ce n'est pas en Guyane qu'il faut montrer la Guyane,
c'est à l'extérieur »

Christian, danseur quinquagénaire guyanais de Paris, aux cheveux tirés dans un petit chou, trouve « super » ce qu'il décrit comme « un arbre sur la tête de la reine. » Alexis Domput, secrétaire du comité du tourisme de la Guyane, que l'on croise avec à la main la fameuse coiffe arboricole de la reine, voit en cette soirée un succès qui est le fruit de plusieurs graines semées : « Bien sûr, ça nous coûte beaucoup d'argent, même si on fait attention aux dépenses sur notre séjour. Heureusement, on est suivis par la CTG et on a des partenaires. Mais il faut montrer la Guyane à travers le folklore, la peinture, le cinéma ou la gastronomie. » [Il a apprécié plus tôt un colombo sur place.] « Et ce n'est pas en Guyane qu'il faut montrer la Guyane, c'est à l'extérieur. »

Jean-Luc Le West, président du comité du tourisme de la Guyane, va plus loin : « Il y a deux grands rendez-vous pour la diaspora guyanaise en Métropole : la journée de la Guyane à la foire de Paris, et inévitablement l'arrivée du roi Vaval en région parisienne. » Faire accompagner le roi Vaval de sa reine en Île-de-France était une promesse faite l'année dernière par les coorganisateurs, dont l'OCPG (Office du Carnaval Péyi Guyane), rappelle Alexis Domput, qui en est le président : « On a tenu notre promesse parce qu'on a considéré qu'il fallait donner aux Guyanais qui vivent dans l'Hexagone aussi la visibilité sur nos deux personnages. »

La tâche était d'ampleur, et pas seulement pour le voyage depuis la Guyane. Jean-Luc Le West, vice-président de la CTG délégué au développement économique et au tourisme, détaille le processus : « Le gros de la logistique, c'était de retrouver les groupes, les restaurateurs, les associations guyanaises ici. C'est aussi pour eux qu'on le fait ! Ce n'est pas facile. Il faut fédérer et donc trouver des éléments fédérateurs autour de ce thème qu'est le carnaval. » Et surtout autour de ce roi Vaval unique.

« Il ne peut pas y avoir deux rois »

Derrière les gants de Touloulou pris par Jean-Luc Le West pour s'exprimer, on comprend qu'il a été parfois difficile de faire s'entendre des piliers historiques du carnaval de Guyane en région parisienne avec des entités plus récentes. Pour cette 3ᵉ année de cohabitation, tous ont au final fait passer avant toute autre considération l'importance d'emmener de Guyane ces symboles culturels que sont le roi Vaval et sa reine, ainsi que les règles du carnaval guyanais : « Une année, confie Alexis Domput, Paris voulait créer son propre roi. On leur a dit non ! Le carnaval guyanais, c'est UN roi, qui arrive en Guyane. Il ne peut pas y en avoir deux. Ce roi peut se déplacer et il faut l'emmener ici parce qu'on a une diaspora qui commence à y être importante. »

La sénatrice Marie-Laure Phinéra-Horth, attablée contrairement à Georges Patient qui danse souvent, dit aimer suivre l'arrivée du roi Vaval à Paris : « Je ne suis pas carnaval de nuit, je suis plutôt carnaval de rue (nèg marron, lundi burlesque), mais j'apprécie beaucoup ces soirées parce qu'il nous faut perpétuer notre culture. C'est une fierté pour moi d'être là à chaque ouverture. »

Parmi les habitués, Alain, un Blanc-péyi banlieusard de 63 ans, dit n'avoir raté que deux soirées du carnaval guyanais de Paris depuis 2016 : « La première fois, j'étais malade, et la seconde, je travaillais le lendemain. » Il n'a que du bien à dire de l'ibis-ara-jaguar qu'est le roi Vaval 2025.

« Respectez les Touloulou »

La suite du menu nocturne, un enchaînement de groupes aux niveaux croissants : Ephemerioz, New Odass et, pour finir, Dokonon qui enflammera la piste à en faire s'éventer plus d'un Touloulou de 3 h 45 à bien plus tard que les 5h du matin prévues ! Si Ephemerioz a encore besoin de se rôder à l’exercice de la scène, c'est tout de même une de ses chanteuses qui fait arrêter la musique vers 00 h 45 pour demander de « respecter les Touloulou. » Rien à voir avec des cavaliers qui voltigeraient leurs partenaires masquées ; ce soir, chacun des trois groupes a le droit de décider s’il applique la règle du carnaval qui dit que les femmes non masquées (les "civiles") n'ont pas le droit de danser sur la piste. Et pour Ephemerioz, respecter les Touloulou signifie refuser que les femmes civiles dansent !

01 h 45, changement de plateau, changement d’ambiance : DJ Ninio annonce que, pour le groupe New Odass, les civiles sont autorisées à danser avec l’accord de Roméo Mandé, président de la FIAG (Fédération Internationale des Associations Guyanaises) qui coorganise cette arrivée du couple royal. La piste se remplit alors de tous les Franciliens, hommes et femmes civils, qui n'avaient pas imaginé que la tradition guyanaise serait appliquée aussi strictement, si loin des dancings mythiques cayennais ! L’ambiance, parfois surchauffée avec plus de deux cents entrées, perdurera jusqu’au petit matin.

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