Si Cayenne avait l'habitude de voir les carnavaliers se défouler après les défilés de rue (ici le mercredi des Cendres 2011), la ville retrouvera son vidé de la sortie du dancing, dimanche (photo d'archives)
Dimanche, à la sortie de chez Nana, les carnavaliers renoueront avec la tradition du vidé à la sortie du dancing. Mais la mairie prévient qu'elle arrêtera tout au premier débordement.
Comme pour tout ce qui touche au carnaval, quand il parle du vidé, Auxence Contout est intarissable. Hier, devant trois élèves de l'externat Saint-Joseph, qui travaillent sur le carnaval, il s'est souvenu des vidés des années 1950 et 1960. « Il y avait deux vidés. Antoine Vincent jouait de la clarinette, Chari du saxo. Les deux vidés se croisaient souvent devant le tribunal. Chacun essayait de prendre une partie de l'autre groupe avec lui. »
Emmanuel Prince, le président de l'Union régionale de carnaval, a des souvenirs plus récents : « J'habitais à la Réno. Je fuyais mes parents dès que j'entendais le vidé à 5 heures. Et j'allais dans celui qui était le plus chaud. » Car le vidé a toujours été synonyme de bousculades. Les problèmes sont survenus quand ils se sont transformés en violence. Quand un meurtre s'est produit au milieu des années 1990, l'ancien maire Jean-Claude Lafontaine les a fait interdire. Depuis deux ans, des rassemblements discrets se sont organisés, au départ du Jardin botanique jusqu'au parking de Baduel, avec la bénédiction de la mairie. Dimanche matin, le vidé pourrait prendre plus d'ampleur, mais les organisateurs préviennent que ce sera le seul du carnaval.
L'union régionale et la mairie se sont entendues pour que le cortège s'élance de chez Nana à 5 heures. Il devrait emprunter le boulevard République et la route de Baduel, jusqu'au parking du stade. Un groupe, avec qui l'union est encore en discussion, sera sur le camion, annonce Emmanuel Prince. Il ne sera pas le seul. « Je serai aussi sur le camion, prévient le maire, Marie-Laure Phinéra- Horth. S'il y a des débordements, on arrête tout. » Car la sécurité reste la préoccupation première. La police municipale encadrera la manifestation. Et l'idée d'un retour du vidé en centre-ville est pour l'instant écartée.
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