« Le Monstre, c'est l'âme de Kourou! »
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« Le Monstre, c'est l'âme de Kourou! »

Philippe CHAUVIN
Le Monstre, personnage incontournable du carnaval de Kourou (PhCh)
Le Monstre, personnage incontournable du carnaval de Kourou (PhCh)

Depuis quinze ans, le Monstre ferme la marche de tous les défilés de carnaval de kouroucien. Ce poids lourd, destiné à la casse et recustomisé, en est devenu un symbole.

Avec son allure de doubledeck anglais en surcharge pondérale, le Monstre de Kourou ne passe pas inaperçu, les dimanches de carnaval. Pour arriver sur la plate-forme principale, au sommet, il faut gravir une trentaine de marches, en deux escaliers aussi pentus que glissants. Là-haut, un bruit d'enfer. Il faut bien se faire entendre. Tel un dragon, le Monstre doit rappeler qu'il a une grande gueule. Cela fait plus de quinze ans qu'il rugit.
L'autre « grande gueule » , c'est José Guillolet, le président du Comité des carnaval et festival de Kourou. Impossible de lui prendre le micro. Il est le grand sorcier de cette cérémonie païenne. Installé aux commandes, il donne le tempo du défilé qui se déroule à ses pieds, entre recommandations et psalmodies. « Les Kourouciens n'apprécient pas que le camion sorte de la commune. Il leur appartient et ils ne veulent pas le prêter » , certifie José Guillolet.
UN MONSTRE DOIT ÊTRE MONSTRUEUX
Personne ne peut ignorer ce véritable personnage de carnaval. Sa renommée dépasse les frontières de la Guyane. Le comité carnavalesque le montre, dès lors qu'il s'agit de solliciter des partenaires aux Antilles, dans l'Hexagone ou dans le reste de l'Europe.
« Le système son que nous utilisons aujourd'hui a coûté au moins 80 000 euros en investissement, poursuit José Guillolet. Nofrayane, notre partenaire sans qui le Monstre n'aurait jamais existé, a financé un bon quart du projet. Pour le reste, il a fallu faire appel au mécénat. »
L'histoire du Monstre n'est pas banale. « Il pourrissait dans une usine et était voué à la destruction. C'est grâce au génie des hommes et des membres du comité notamment, qu'il a pu être réhabilité et prendre forme au fil des années. Aujourd'hui, deux personnes travaillent à temps plein pour l'organisation de notre programme d'animations. Nous entretenons régulièrement le véhicule, changeons les principaux éléments d'usure et lui donnons une autre couleur à peu près tous les deux ou trois ans. »
À LA RECHERCHE DE LA RELÈVE
Ce dimanche, ce sont les Toys qui s'approprient les rythmes carnavalesques sur la scène. Il y a aussi Saramaca Benju. « Nous avons tenu à ce qu'un groupe saramaca puisse régulièrement accompagner le défilé. Nous leur avons appris toutes les mélodies. Le carnaval doit rassembler toutes les communautés. Actuellement, nous recherchons des jeunes en mesure de passer le témoin culturel. »
Sur le ponton avant, elles ne sont pas moins de quatre à se déhancher pour inviter spectateurs et artistes à donner le meilleur d'eux-mêmes. Tour à tour, on y aperçoit Marie-Lyse, Sillette, Marise, Magalie et Raymonde. « Je ne me lasse pas de danser au rythme de la musique, explique cette dernière. Le but, c'est que le public nous voit et se laisse à son tour envahir par la magie de carnaval. » Mission réussie pour le Monstre.

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