[Dans nos archives] Pourquoi les vidés de l'après-midi ont disparu à Cayenne
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[Dans nos archives] Pourquoi les vidés de l'après-midi ont disparu à Cayenne

Claude INNOCENT
Après plusieurs incidents lors du vidé dominical, le syndicat d'initiative décide de suspendre provisoirement les défilés de l'après-midi dans les rues de Cayenne.
Après plusieurs incidents lors du vidé dominical, le syndicat d'initiative décide de suspendre provisoirement les défilés de l'après-midi dans les rues de Cayenne. • FRANCE-GUYANE, FÉVRIER 1993

La suspension définitive des vidés dominicaux à Cayenne, décidée au milieu des années 1990, marque un tournant dans l'histoire récente du carnaval guyanais

C'était le dimanche de trop... Le 11 février 1996, les organisateurs du carnaval décident de mettre un terme aux vidés de l'après-midi à Cayenne, après plusieurs années de violences répétées lors de ces défilés dominicaux.

Au début des années 1990, les vidés organisés dans les rues de la capitale rassemblent une foule importante chaque dimanche de carnaval. Mais, au fil des éditions, les débordements se multiplient. Blessures, bagarres et scènes de violence deviennent récurrentes.

Entre 1990 et 1992, plusieurs vidés sont organisés par le DJ René Cicéron, figure de l'animation carnavalesque (lire page suivante). Malgré les dispositifs mis en place, les incidents se répètent. En 1993, le syndicat d'initiative de Cayenne et l'office de tourisme prennent à leur tour l'initiative d'un vidé, avec l'orchestre des Blue Stars, dans l'objectif de préserver ce rendez-vous populaire.

Débordements lors d'un vidé à Cayenne. Rue Léopold-Héder, une bousculade dégénère en bagarre générale au sein du cortège.
Débordements lors d'un vidé à Cayenne. Rue Léopold-Héder, une bousculade dégénère en bagarre générale au sein du cortège. • France-Guyane, février 1993

Le dimanche 7 février 1993, le vidé se déroule dans un climat de forte tension. Malgré les appels au calme lancés par les artistes tout au long du parcours, la violence explose.

À l'issue de cette édition, Armand Hidair, alors président de la Fédération des offices de tourisme et syndicats d'initiative de la Guyane (FOTSIG), dresse alors un constat sans appel : « Nous ne pouvons plus organiser des vidés l'après-midi dans de telles conditions. Il y a des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées. On ne respecte plus rien. »

Il évoque ici la présence de participants alcoolisés et des comportements incompatibles avec l'esprit du carnaval.

Même constat du côté de Marie-Line Brachet-Cesto, présidente du syndicat d'initiative de Cayenne qui appelle à une suspension des vidés afin de «  trouver des solutions ».

Les débordements lors des vidés dominicaux entraînent l'arrêt progressif de ces défilés carnavalesques.
Les débordements lors des vidés dominicaux entraînent l'arrêt progressif de ces défilés carnavalesques. • Archives France-Guyane

Tentatives avortées et décision finale

En 1994, aucun vidé de l'après-midi n'est organisé à Cayenne. Une tentative de reprise a lieu en 1995, sans succès : les débordements persistent. Le 11 février 1996, un vidé est à nouveau programmé avec l'orchestre des Mécènes. La situation dégénère rapidement. Les violences sont généralisées et les forces de l'ordre peinent à contenir les incidents. Président du Comité des festivals et carnaval de Guyane, Philippe Alcide-dit Clauzel, assiste à la scène : «  À partir du moment où plus personne n'acceptait d'assurer la sécurité, j'ai compris qu'il fallait arrêter. »

La décision est prise dans la foulée : les vidés du dimanche après-midi sont suspendus jusqu'à nouvel ordre.

Trente ans après

Depuis cette date, aucun organisateur n'a repris le risque de relancer des vidés dominicaux dans les rues de Cayenne.

Trente ans plus tard, cette page reste l'un des tournants majeurs de l'histoire récente du carnaval guyanais.

Février 93 : la manifestation carnavalesque organisée à Cayenne se termine plus tôt que prévu après des violences ayant fait trois blessés, dont deux à l'arme blanche.
Février 93 : la manifestation carnavalesque organisée à Cayenne se termine plus tôt que prévu après des violences ayant fait trois blessés, dont deux à l'arme blanche. • France-Guyane, février 1993

1993, le dimanche où le vidé dérape

En février 1993, le vidé tourne court après de violents incidents. Trois personnes sont blessées en fin d'après-midi lors du défilé conduit par Victor Clet. Deux victimes sont touchées à l'arme blanche, dont l'une au visage. Une femme est projetée contre le pare-brise d'un véhicule, brisé sous le choc, et blessée par des éclats de verre.

Plusieurs individus sont repérés dans la foule avec des matraques, des bâtons et des casques.

Ces événements marquent un tournant. Les débordements se répètent les années suivantes. Le 11 février 1996, les organisateurs décident de mettre un terme aux vidés de l'après-midi à Cayenne, après plusieurs années de violences répétées...

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