Nouvelle force militaire pour lutter contre les gangs en Haïti
Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé une nouvelle force militaire pour lutter contre les gangs en Haïti. Ce sont 5 500 soldats et policiers qui tenteront de reprendre en main la situation chaotique du pays
La résolution, promue par les États-Unis et le Panama, transforme la mission multinationale en une force de répression des gangs comptant jusqu’à 5 500 soldats. Le mandat initial de 12 mois vise à reprendre le contrôle de Port-au-Prince et à atténuer la crise humanitaire. Ils remplaceront les 1 000 Kényans, en sous-capacité pour intervenir.
Par manque d’effectifs et de moyens, la mission opérée par les Kényans n’a pu venir à bout de la dérive anarchique qui se déroule en Haïti. Dans un contexte de polarisation politique marquée dans la région, les États-Unis et le Panama ont décidé de réagir et ont fait approuver par l’ONU la création d’une force de répression dotée de moyens opérationnels à la hauteur du défi. Une période initiale de 12 mois a été votée afin de lutter contre la violence des bandes armées.
Pour la première fois, le personnel militaire et la police de cette Force de répression des gangs (GSF) auront la possibilité d’arrêter des membres des gangs, une attribution que la mission kényane n’avait pas. La crise sécuritaire est à l’origine de plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les gangs contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince et l’économie est gravement paralysée.
Le gouvernement haïtien et l’Organisation des États américains (OEA) ont insisté sur le fait que l’élargissement du mandat de la mission n’est qu’une première étape. Albert Ramdin, le secrétaire général de l’OEA, a souligné que « la résolution du Conseil de sécurité est essentielle pour faire avancer la feuille de route qui permet la stabilisation d’Haïti et la tenue d’élections crédibles, l’acheminement de l’aide humanitaire et le développement durable ».
Ils posent ainsi le retour de la sécurité comme première condition vers l’organisation d’un programme de secours alimentaire pour Haïti. Une attention particulière a été appelée pour traiter le cas des membres de gangs mineurs, qui constitueraient jusqu’à 50 % des effectifs des bandes armées.
Ravagé par la violence des gangs, Haïti est « un pays en guerre », a lancé jeudi son président Laurent Saint-Cyr à la tribune de l’ONU : « Voilà le visage d’Haïti aujourd’hui, un pays en guerre, un Guernica contemporain, une tragédie humaine aux portes de l’Amérique ! »
Coordonnateur du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr a défendu la vision d’Haïti face aux défis sécuritaires, économiques et politiques. Lors de son intervention, il a également attiré l’attention de l’assemblée sur la situation des Haïtiens en République dominicaine.
Il n’a pas encore été précisé de calendrier pour l’intervention de cette nouvelle force internationale en Haïti. Tout le monde l’espère rapide.

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