Explosion mortelle dans une station-service au Guyana
Les services de police soupçonnent un acte criminel. Des individus originaires du Venezuela sont suspectés
C’était dimanche soir (26 octobre), au coin des rues Regent et King, à Georgetown. Le week-end touchait à sa fin et les familles rentraient en ville. À la station-service Mobil de ce quartier, des automobilistes faisaient le plein de leur voiture. Soudain, une immense explosion a retenti et plusieurs véhicules ont été pris dans la déflagration. L’un d’eux a pris feu. Une petite fille de six ans, Soraya B., a perdu la vie. Cinq autres personnes, dont deux enfants, sont dans un état grave, ainsi qu’un homme de 71 ans.
L’enquête menée par la police indique désormais la possibilité d’un acte criminel, commis à l’aide d’une bombe télécommandée. Si ces faits sont confirmés, le Guyana se retrouverait confronté à un acte terroriste.
Dans le cadre de l’enquête, la police a arrêté lundi un Vénézuélien, Daniel Alexander Ramirez Peodomo, qui a depuis avoué le crime. Il a reconnu avoir utilisé un dispositif déclenché par un interrupteur qu’il avait activé avant de sortir d’un véhicule garé à proximité de la station-service.
Lors d’une conférence de presse, le chef de la police criminelle, Wendell Blanhum, a révélé que Peodomo était entré illégalement au Guyana, quelques heures seulement avant l’explosion qui a tué Soraya B., alors qu’elle était assise dans une voiture avec d’autres membres de sa famille. Il a précisé que « l’enquête était à un stade critique » et qu’il ne divulguerait pas d’informations sur le mobile du crime. Il a aussi indiqué que le suspect était arrivé au Guyana par voie maritime avec un autre ressortissant vénézuélien vers 8 heures du matin, dimanche.
Le ministre guyanien de l’Intérieur, Oneidge Walrond, a annoncé que les autorités demanderaient la peine de mort pour le suspect, Daniel Alexander Ramirez Peodomo, qui a reconnu être responsable de l’attentat à la bombe contre la station-service.
« La punition pour terrorisme, telle que décrite dans la loi, est la peine de mort, et nous poursuivrons cette punition », a déclaré le ministre.
Dans le contexte international tendu, cet acte doit être observé avec prudence. Les motivations du crime n’ont pas été précisées. L’environnement criminel reste flou et laisse penser à une possible provocation. Les opérations dites « sous faux drapeau »* pourraient, dans ce contexte, servir les intentions belliqueuses de l’un ou l’autre des camps dans la partie d’échecs qui se joue actuellement autour du Venezuela. Bien des conflits, dans l’histoire, ont été déclenchés à la suite d’une provocation organisée.
Notre région avait jusqu’ici été épargnée par la folie des actes terroristes. La tension croissante autour du Venezuela appelle désormais une vigilance accrue. Quelles que soient les intentions des États-Unis à l’égard du régime de Nicolás Maduro, les conséquences risquent de modifier durablement le paysage géopolitique régional.
* Les « opérations sous faux drapeau » désignent des actions menées clandestinement pour en rendre responsable un ennemi (source : Wikipédia).

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