Ruben Makosi : "Nous avons toujours su soigner grâce aux plantes médicinales"
Le guérisseur était l'un des invités du 4e séminaire sur la création du CHU, qui a débuté ce jeudi, à la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG).
Coiffe vissée sur le crâne, colliers autour du cou et flûte dans les mains… Le chaman Ruben Makosi a apporté une puissante dimension traditionnelle aux débats du 4e séminaire sur la création du CHU de Guyane, ce jeudi matin.
"Chez les Arawak, nous faisons appel aux esprits avant toute consultation, ce sont eux qui nous indiquent quelles plantes utiliser, où les trouver dans la forêt et quel dosage appliquer", explique-t-il. "Il faut aussi savoir parler aux plantes, car c'est avec une autre langue que nous leur parlons."
Dans certaines familles, ce don se transmet de génération en génération. C'est le cas de Ruben qui a appris auprès de son père guérisseur.
Le relais des sciences modernes
"À l'époque, nous n'avions pas d'hôpitaux, pas de sage-femmes ni de chirurgiens, mais nous avons toujours su soigner grâce aux plantes médicinales", rappelle-t-il.
Dans le cadre du futur CHU, le praticien est prêt à travailler en étroite collaboration avec les médecins conventionnels. "Le monde a évolué, là où nos connaissances s'arrêtent, les sciences modernes prennent le relais", précise-t-il.
Finalement, son but est commun à tous les soignants : guérir les patients en souffrance.
Un séminaire pour un CHU à l'image de la Guyane
Ce 4e séminaire sur la création du futur Centre Hospitalier Universitaire de Guyane doit permettre la création d'un CHU à l'image de la Guyane. Le thème : comment concilier la médecine traditionnelle et l'approche holistique du patient. "Quand on sait que la médecine scientifique doit une partie de sa vie à la médecine traditionnelle, il faut impérativement les unir", explique Patricia Saïd, 4ᵉ vice-présidente de la CTG en charge du séminaire. Pour elle, "il faut prendre le temps, car nous ne pouvons pas obtenir un établissement de pointe sans associer un maximum d'acteurs". Les contours d'un 5e rendez-vous se dessinent d'ores et déjà autour d'une collaboration avec nos pays voisins.
Quatre nouvelles formations à l'horizon
Kinésithérapie, orthophonie, orthoptie, maïeutique. Quatre nouvelles formations universitaires devraient accueillir entre 12 et 15 étudiants par promotion, dès septembre 2026.
Parmi ces formations, certaines intégreront une approche holistique et traditionnelle dans le parcours de soins. "Une sage-femme pourra demander à sa patiente quelles ont été les pratiques traditionnelles utilisées durant sa grossesse, afin d'éviter tout dysfonctionnement", illustre Katia Pulchérie, cheffe du Pôle Formation Orientation et Apprentissage de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG).
L'ambition affichée est aussi de permettre aux jeunes Guyanais d'étudier sur leur terre natale. "Nous souhaitons les orienter vers les carrières médicales et sociales afin qu'ils puissent combler les besoins et prendre la relève", ajoute-t-elle.
Ces formations doivent être le fruit d'une convention quadripartite entre les écoles de formation, l'université, les centres hospitaliers et la CTG.

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