Permis de conduire : la colère des auto-écoles face au manque d'examinateurs
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Permis de conduire : la colère des auto-écoles face au manque d'examinateurs

Tristan Dereuddre
La colère des auto-écoles
Le taux de réussite au permis de conduire est de 45% en Guyane. • JEAN-MARC ETIFIER

En Guyane, seuls deux inspecteurs sont présents sur le territoire pour faire passer l'examen du permis de conduire. Avec une moyenne de 6900 tentatives par an, les délais s'allongent parfois jusqu'à six mois pour obtenir une date.

Peut-on parler de crise du permis de conduire en Guyane ? Avec seulement deux examinateurs à temps plein pour gérer l'ensemble du département et ses 6900 candidats à l'année, la situation est alarmante. Ce vendredi 6 décembre, les exploitants d'auto-école avaient prévu une opération escargot tôt dans la matinée, avant de finalement renoncer grâce à un rendez-vous fixé avec les services de la préfecture. 

Sous-effectif permanent et délais allant jusqu'à six mois

"Pour produire les 6900 places, notre effectif d'inspecteur est largement insuffisant", soupire Sylvie Ketterere, présidente de Mobilians Education Sécurité Routière Guyane, syndicat d'exploitants d'auto-écoles. "Les quelques renforts que l'on reçoit de Guadeloupe ou de Martinique ne permettent pas de palier le manque d'examinateurs sur le terrain", poursuit-elle. Un déficit de quatre inspecteurs à temps plein, alors qu'ils étaient six en Guyane il y a un an.

Ce sous-effectif se traduit par un chute vertigineuse du nombre de places pour passer l'examen : "depuis octobre, nous sommes passés d'un peu plus de 500 places par mois à 260. Cette chute est tellement importante que nous ne sommes plus en mesure de représenter les élèves en situation d'échec", regrette Sylvie Ketterere. Et les délais sont immenses : entre trois et six mois d'attente pour repasser l'examen. Selon le syndicat, Mobilians Education Sécurité Routière Guyane, le taux de réussite ne s'élève qu'à 45%, soit environ 2800 obtentions par an sur les 6900 candidats.

"La mobilité est essentielle pour accéder au travail"

En Guyane plus qu'ailleurs, la voiture est un moyen de transport incontournable. "Sans voiture, on ne peut pas faire grand chose. Il faut de la mobilité, le permis de conduire est essentiel pour accéder au travail", affirme la présidente du syndicat.

Les négociations avec la préfecture sont "satisfaisantes", selon les termes de Sylvie Ketterere. Deux journées d'examens ont été ouvertes entre Noël et le nouvel an avec 26 places, tandis qu'un ancien inspecteur, aujourd'hui retraité, pourrait venir à la rescousse des effectifs pour les soulager. 

Au mois de mars, un inspecteur à temps plein rejoindra le territoire. "Si petit à petit on arrive à avoir des inspecteurs, c'est déjà positif par rapport à la situation actuelle", se rassure Sylvie Ketterere.

Car aujourd'hui, plus les délais pour obtenir une date de passage à l'examen augmentent, plus le permis est coûteux. "Pour ne pas perdre la main, l'élève est obligé de poursuivre ses leçons de conduite", explique Sylvie Ketterere, qui regrette que ce coût s'ajoute aux difficultés des jeunes Guyanais. Selon le syndicat, le dossier sera suivi par l'intersyndicale et les représentants de la préfecture "jusqu'à ce qu'on arrive à un effectif suffisant". La prochaine rencontre est prévue pour mi-janvier. 

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