La police du parc national sur grand écran
"Au coeur de la lutte", un film documentaire du Parc amazonie sera projeté vendredi 1er décembre au cinéma Eldorado (entrée libre), à Cayenne. Le film (de 15 minutes) met en lumière la lutte contre l'orpaillage illégal, par les agents du Parc national. Le responsable police du Parc amazonien*, nous en dit plus…
Quel est le programme de la soirée et que raconte ce film ?
Le film dure quinze minutes. On y voit des agents du Parc amazonien au cours d'une mission de lutte contre l'orpaillage illégal parmi d'autres (saisie, destruction de chantiers et matériels…). Il faut savoir que nous en faisons près d'une centaine par an (des missions fluviales, terrestres ou en hélicoptère, comme ici).
Et parce que nos agents sont avant tout des habitants du territoire, ils témoignent aussi de l'impact de cette activité dévastatrice pour les populations du fleuve.
On voit aussi dans ce document que les orpailleurs illégaux n'ont rien à perdre : le cours de l'or élevé, couplé à des indicateurs économiques dans le rouge chez nos voisins, font qu'ils tentent le tout pour le tout. Ils sont vraiment acharnés. Après nos missions, beaucoup de garimpeiros reviennent quand même, parce que c'est rentable. Ils ont tout perdu sur le coup de la destruction, mais c'était déjà gagnant pour eux, et ça le restera en revenant. C'est ce qui rend l'exercice difficile nous tous qui luttons contre le fléau de l'orpaillage illégal depuis la création du Parc national en 2007.
Après la diffusion de ce court-métrage, on aura un temps de questions-réponses avec le public présent.
Et on pourrait peut-être même avoir avec nous le médecin en santé publique Rémy Pignoux, pour aborder les conséquences sur la santé des populations locales. Sa présence n'est pas totalement assurée, au vu des difficultés de transport.
Pourquoi avoir proposé cette projection ?
On est initialement parti du constat que le public connaissait peu cette facette du Parc amazonien. Or c'est une mission prioritaire dans cet immense espace protégé. D'où l'idée d'embarquer notre vidéaste, Maxime Charronneau. Et puis on a souhaité montrer l'engagement de la brigade police qui s'investit corps et âme : ce n'est vraiment pas exagéré de le dire. On souhaitait montrer concrètement notre action dans la forêt, complémentaire à celle des Forces armées de Guyane et de la gendarmerie, avec qui nous intervenons aussi régulièrement.
Enfin, une projection de ce type offre l'occasion de faire parler de l'orpaillage illégal. Le sujet doit plus que jamais être médiatisé, tant les conséquences environnementales, sociales et humaines sont alarmantes.
Quelle est la situation à ce jour sur le territoire concerné par le Parc amazonien ?
Lors de notre dernière campagne de survol, nous avons recensé 143 sites illégaux. Ils sont toujours principalement concentrés sur la façade Maroni, où le soutien logistique à la filière, par les comptoirs chinois de la rive surinamaise, est toujours prépondérant. Sur le bassin de Camopi, les données se maintiennent d'année en année et laissent croire à une éradication possible.
Ces chiffres ne sont bien évidemment pas satisfaisants : ça reste trop. Ils nous conduisent à relancer la demande d'une action encore plus forte sur l'entrave logistique de réapprovisionnement des sites illégaux. Cela comprend de façon évidente un besoin de coopération avec le Suriname, mais aussi avec le Brésil. C'est pourquoi, le Parc amazonien est aussi impliqué dans des échanges institutionnels portant sur le volet diplomatique.
*Pour des raisons de sécurité, les noms des inspecteurs de l'environnement du Parc national ne sont pas dévoilés.

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