Jean-Paul Delfino : « Je ne voulais pas jouer au Guyanais ! »
Guyanes de Jean-Paul Delfino*, est sorti récemment en poche. L'auteur nous annonce la parution d'une suite à cette flamboyante saga historique qui a remporté de nombreux prix**.
Vous êtes l'auteur de nombreux romans (plus d'une vingtaine, sans compter les ouvrages collectifs, NDLR). « Guyanes » est le premier dont l'intrigue se déroule chez nous...
Quels sont vos liens avec la Guyane ?
L'intrigue se déroule à la fin du XIXe siècle. Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire sur cette période de l'histoire ?
Pourquoi ce titre « Guyanes » au pluriel alors que l'histoire se déroule, en majorité, en Guyane française ?
Quelques mots sur les personnages principaux...
Vous êtes auteur, mais également scénariste. Peut-on imaginer la transcription de ce roman à l'écran ? L'avez-vous imaginé comme un film ou une série ?
Quels sont vos projets d'écriture ?
Du bagne au livre
À l'occasion de la sotie en poche de Guyanes, voici une sélection d'ouvrages paru ces derniers mois sur les bagnes de Guyane.
Cayenne, matricule 51793
Publié à compte d'auteur il y a une dizaine d'années, cette BD vient de ressortir, cette fois aux éditions Plume verte. À travers un jeu de flashbacks, et en s'appuyant sur des lettres retrouvées par une jeune femme, le lecteur plonge dans l'atroce quotidien d'un bagnard. Amitiés, trahisons et rêves d'évasion rythment les journées où plane constamment l'ombre de la mort.
"Cayenne, matricule 51793" de Blanco et Perrin, éditions Plume verte
L'incorrigible, itinéraire d'un bagnard ordinaire
Lorsqu'il découvre, aux archives d'Outre-mer, le nom d'un bagnard avec qui il partage un nom de famille, l'auteur se met en tête de retracer le parcours d'un bagnard « ordinaire ». Aux antipodes de ce que nous a offert le 7e art et la littérature par le passé, il ne met pas en scène les grandes tentatives d'évasion ni les matricules illustres. Ce parti pris n'enlève rien à la force de ce roman graphique en noir et blanc, sans paroles.
"L'incorrigible, itinéraire d'un bagnard ordinaire", de Roland Cros, éditions L'échappée
Les peintres du bagne
Dans ce beau livre, préfacé par Rodolphe Alexandre, André Bendjebbar, agrégé d'histoire et docteur en histoire, retrace un siècle de bagne à travers l'art. L'ouvrage reproduit 160 tableaux et dessins, tantôt naïfs, tantôt dignes des petits maîtres. Portraits, scènes de vie, homosexualité, corvées, crimes... autant de sujets traités à travers les œuvres, mais aussi à l'aide de textes éclairants. Une bonne manière d'aborder l'histoire.
"Les peintres du bagne" d'André Bendjebbar, éditions Les Presses de l'Enap (École nationale d'administration pénitentiaire)
Les oubliés de l'enfer vert
En 1923, Charles, jeune étudiant parisien, décide de s'engager comme gardien au bagne de Guyane pour tourner le dos à son passé. La dureté du bagne le prive de ses illusions, cependant, lorsque des forçats disparaissent avant d'être retrouvés assassinés dans l'indifférence générale, il ne peut rester sans rien faire et décide de mener l'enquête.
"Les oubliés de l'enfer vert"
de Louise d'Auzay,
City Éditions
Extrait de Guyanes de Jean-Paul Delfino
La Guyane n'est pas une terre comme les autres
« La Guyane n'est pas une terre comme les autres. Le danger y est partout, vous dis-je. Là-bas, et vous pourrez le constater, tout y est immense, démesuré. Dans la jungle, les arbres montent vers le ciel pour atteindre quarante, cinquante mètres de hauteur. La canopée qu'ils forment est si épaisse qu'elle éteint le soleil lui-même. À ce que l'on m'a dit, même à midi, il y a fait noir comme dans un four. Aventurez-vous sans guide dans ce dédale et vous n'y survivrez pas plus de quelques minutes.
Un boa vous gobera tout cru, vous serez piétiné par des cochons sauvages, un tigre vous mastiquera et digérera jusqu'à votre costume. Mais le pire, hélas, n'est pas là... (...) Cependant, je persiste à croire que ces créatures de Dieu, aussi dangereuses qu'elles puissent être, ne sont rien en comparaison d'une autre menace, bien plus prégnante celle-ci, et qui règne en maîtresse sur tout le territoire (...).
Le plus grand danger : l'homme
Ce danger se rencontre à chaque pas, que ce soit dans la préfecture de Cayenne comme dans les immensités de la jungle qui est encore loin d'avoir été explorée et cartographiée, soit dit en passant. (...) Je persiste à croire que le plus grand danger pour cette terre créée par notre Seigneur est tout simplement l'homme. Et lorsque je dis l'homme, je devrais même préciser : l'homme blanc. »
On en redemande !
Jean-Paul Delfino nous embarque dans une machine à remonter le temps pour un fabuleux voyage. Imaginez : marcher dans les artères quadrillées d'un Saint-Laurent régi par l'Administration pénitentiaire, arpenter les allées poussiéreuses d'un Cayenne grouillant de monde, cœur battant de la Guyane, où (déjà) « les façades élégantes côtoient les baraques infâmes ». C'est là que la vie jette Mané, esclave brésilien en fuite, Clara, révolutionnaire condamnée au bagne, et Alphonse, fils de nouveaux riches, criblé de dettes en France. Aventure, suspense, amour, petits et grands drames : tous les ingrédients sont là, savamment dosés par une main experte, pour nous régaler. On en redemande !

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