Fruits et légumes : des prix qui continuent de grimper
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Fruits et légumes : des prix qui continuent de grimper

Oriane REALLE ; o.realle@agmedias.fr
Sur le marché de Rémire-Montjoly.
Sur le marché de Rémire-Montjoly. • ILR

La 20e édition de l'Observatoire des prix de Familles Rurales, publiée en juillet, chiffre la hausse à 54 % pour les fruits et 62 % pour les légumes. En Guyane, les prix varient fortement d'un marché à l'autre.

Sept euros le kilo de salade un vendredi. Dix euros le lendemain. L'exemple relevé par Familles Rurales illustre les écarts constatés sur les étals guyanais. " La liberté des prix provoque aussi cette inflation parce qu'il n'y a aucune maîtrise ", estime Rolande Lefay, présidente de Familles Rurales de Guyane.

Au niveau national, le constat est sans appel. Depuis 2015, les fruits frais ont augmenté de 54 % et les légumes frais de 62 %, contre 21 % d'inflation générale. 

Des tarifs variables

Sur les étals, les agriculteurs avancent d'abord la loi de l'offre et de la demande. " Les prix sont à la demande ", explique Metella Richard, agriculteur et revendeur. " Quand on a beaucoup, le prix descend. Quand on en a moins, le prix augmente. "

Mais la logique ne s'arrête pas là. Le commerçant raconte avoir un jour vendu sa marchandise moins cher que son voisin. Résultat : le vendeur d'à côté, qui affichait un tarif plus élevé, a écoulé ses produits avant lui. " Il m'a expliqué que le fait de baisser le prix, les gens pensent que ce n'est pas une bonne marchandise ", rapporte-t-il. Sur les marchés, le prix peut aussi se négocier. Une facture de 7,20 euros peut ainsi être arrondie à 7 euros avec certains clients.

Manguoradeth Bouavanh, présente le jeudi à Rémire-Montjoly, le samedi à Cayenne et le dimanche à Matoury, fait le même constat. " Les prix des fruits et des légumes varient tout le temps. C'est aussi en fonction des gens : s'il y a beaucoup de monde, alors on cassera les prix. "

La météo et les conditions de production entrent aussi en ligne de compte. Une faible récolte peut rapidement faire grimper les tarifs.

Les revendeurs font grimper la facture

À Rémire-Montjoly, la présence de nombreux revendeurs sur le marché est une autre particularité. " On met les mêmes prix qu'eux parce que sinon il y a un décalage. On essaie de s'aligner, mais je fais moins cher ", explique Manguoradeth Bouavanh. Selon elle, quatre ou cinq agriculteurs étaient présents ce jour-là sur une dizaine de vendeurs.

Une situation qui interroge Familles Rurales. Certains revendeurs achètent directement aux producteurs tôt le matin avant de remettre les marchandises en vente avec leur propre marge. " Dans la revente, les personnes mettent leur marge ", souligne Rolande Lefay.

L'association pointe aussi l'affichage des prix. Sur certains étals, le prix au kilo ou l'origine des produits ne sont pas clairement indiqués. " Les prix doivent être affichés ", rappelle la présidente.

Le consommateur a-t-il encore le choix ?

Familles Rurales appelle les consommateurs à comparer les tarifs et à ne pas acheter systématiquement lorsque les prix sont trop élevés. " On est acteur de notre consommation ", insiste Rolande Lefay.

Un choix qui reste difficile lorsque les alternatives sont limitées. Acheter moins cher peut conduire vers des produits importés, tandis que privilégier le local peut peser davantage sur le budget.

L'Observatoire rappelle ainsi une autre réalité : les légumes conventionnels ont encore augmenté de 10 % cette année. En Guyane comme ailleurs, les fruits et légumes restent pris entre hausse des coûts, disponibilité des produits, marges des intermédiaires et pouvoir d'achat.

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