Eden-I veille sur le grand bleu
L'association Eden-I s'est donné une mission claire : protéger la grande faune marine en Guyane. Depuis 2023, elle coordonne des programmes scientifiques et sensibilise les usagers
Lorsqu'on rentre dans les bureaux de l'association, des stickers et des posters de tortues et de lamantins jonchent les murs. Bienvenue à Eden-I. Si le nom surprend, il fait référence à une espèce de baleine. "C'est un clin d'œil à une expérience marquante vécue", raconte Margot Vanhoucke, le sourire aux lèvres.
En 2019, elle embarque sur un navire de Greenpeace avec Amandine Bordin pour une mission d'observation au large de la Guyane et croise une quinzaine de cétacés.
Les deux femmes se connaissent depuis plus d'une décennie." En 2011-2012, on travaillait déjà ensemble au Groupe d'étude et de Protection des oiseaux en Guyane (Gepog). En 2023, on a souhaité créer une entité dédiée uniquement à la faune marine", explique la jeune femme. De cette volonté est née l'association, spécialisée dans la protection de la faune marine.
Elle repose sur trois principes : éviter, réduire et compenser les impacts des activités humaines sur la biodiversité.
Devenue la première salariée de l'association en mars 2025, après une année de bénévolat Margot Vanhoucke pilote les missions scientifiques, les prestations d'expertise, les actions de sensibilisation ainsi que les formations proposées par Eden-I. De son côté, Amandine Bordin est biogéographe spécialisée dans les mammifères et les grands prédateurs marins de Guyane. Avec elles, Nicolas Combes président, Valérie Pontana secrétaire et, plus récemment, un stagiaire.
L'association fonctionne encore largement grâce à l'engagement bénévole de ses membres mais bénéficie aussi de financements, essentiellement publics. En 2025, près de 89 % de son budget provenait de subventions de l'État, de l'Office français de la biodiversité, de l'Observatoire de l'environnement de Guyane ainsi que de la Fondation Crédit mutuel Alliance Fédérale. Les prestations représentaient 8 % des ressources et les adhésions, dons et mécénat 3 %.
Des actions qui dépassent les frontières de la Guyane
L'équipe réalise des campagnes régulières de recensement par photo-identification. Dans le cas des dauphins par exemple, chaque individu est reconnu grâce à son aileron dorsal, dont les entailles et cicatrices constituent une carte d'identité retrouvable dans la base de données. Cette méthode permet de suivre les déplacements, d'identifier les groupes familiaux, les mères accompagnées de leurs petits ou encore de détecter des traces de collision avec des embarcations. Cette opération est à réitérer tous les quatre à cinq ans. En parallèle, des sorties à pied et des vols en ULM de quatre heures sur sept secteurs du littoral guyanais sont effectués.
Au-delà de la Guyane, Eden-I intervient désormais à Saint-Martin et Saint-Barthélemy grâce au projet BioWhale.
Face à des menaces grandissantes
Les menaces sont nombreuses : la pêche illégale, la pêche informelle, la pêche de loisirs, mais aussi le développement des activités maritimes et les filets abandonnés ou perdus, appelés "filets fantômes". "En Guyane, les activités en mer se développent énormément : extension des ports, projets d'éoliennes, nouveaux aménagements… Cela représente autant de menaces supplémentaires pour la faune. Notre rôle est donc d'être proactifs", énumère la co-fondatrice.
Si les connaissances progressent, les pressions exercées sur la faune marine restent importantes. En 2025, une forte augmentation des échouages a été constatée avec 81 animaux recensés contre seulement 49 l'année précédente.
L'association invite ainsi les pêcheurs, plaisanciers et promeneurs à signaler tout animal échoué ou filet abandonné au réseau d'échouage de Guyane au 06 94 20 74 20.

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