Démantèlement d'un réseau de revente de viande chassée en Guyane
Plusieurs personnes seront jugées en mai prochain pour "destruction et vente d'espèces protégées."
Les premières informations des enquêteurs remontent au 20 novembre 2024. Les services de gendarmerie découvrent l'existence d'un groupe WhatsApp dédié à la revente de viandes chassées sur le territoire, certaines provenant d'espèces protégées. Une enquête, confiée à l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et la santé publique), est ouverte pour "destruction et vente d'espèces protégées", infractions réprimées par le code de l'environnement. Selon le récit d'Aline Clérot, procureure de la République : "Les investigations menées sous la direction du parquet permettent le recours à des techniques spéciales d'enquête, dont certaines innovantes, mises en œuvre pour la première fois en outre-mer à l'occasion de ce dossier." Ces techniques permettent de confirmer une "activité de revente habituelle de produits de chasse et notamment de caïmans", des produits appréciés par les consommateurs guyanais, mais dont le cadre légal restreint l'achat et la vente.
206 kg de viandes congelées retrouvées
Le principal mis en cause a été interpellé ce 25 mars avec trois autres personnes. Six autres sont entendues dans le cadre d'auditions libres. 206 kg de viandes congelées sont retrouvées au cours des perquisitions, une quantité importante.
Dan Rodrigues représentant de l'association territoriale de chasse et pêche, estime que ces arrestations sont subies comme un "acharnement injuste alors qu'il y a les orpailleurs qui détruisent tout." Un sentiment partagé dans le milieu des chasseurs.
L'Office Français de la Biodiversité (OFB) est requis et identifie un certain nombre d'espèces dont des caïmans à lunettes, des piones violettes (perruches), des capucins, des tapirs, des amazones et des tortues charbonnières soumis à quotas et interdits à la revente. Toujours selon le parquet, la personne gardée à vue est déférée le 27 mars et placée sous contrôle judiciaire jusqu'à son jugement le 22 mai 2025. "Trois coauteurs sont poursuivis à la même audience par officier de police judiciaire. Quatre autres bénéficient d'une mesure d'alternative aux poursuites avec l'accomplissement d'un stage éco-citoyen à leurs frais, stage en vigueur sur le territoire de la Guyane depuis mars 2024."

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