Médicaments en danger : le blocage du détroit d'Ormuz menace les pharmacies d’Europe
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Médicaments en danger : le blocage du détroit d'Ormuz menace les pharmacies d’Europe

Par Christophe VERGER c.verger@agmedias.fr
L’industrie pharmaceutique, très dépendante des intrants pétrochimiques, pourrait être confrontée à des ruptures de stock.
L’industrie pharmaceutique, très dépendante des intrants pétrochimiques, pourrait être confrontée à des ruptures de stock. • SHUTTERSTOCK

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février, le détroit d'Ormuz est bloqué. Outre les prix de l’énergie, c’est désormais la production de médicaments qui pourrait être gravement perturbée.

Le conflit a fermé l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde, le détroit d'Ormuz, par où transite une part essentielle du pétrole et du gaz. Mais ce qui inquiète désormais les laboratoires, c’est l’effet domino sur les chaînes d’approvisionnement pharmaceutique. Selon le spécialiste du transport DSV, cité par La Tribune, les entreprises du secteur sont très dépendantes de flux internationaux. Dès qu’un maillon est fragilisé, ici le carburant pour les usines ou les conteneurs, la production de médicaments de base peut s’interrompre.

Une enquête Deloitte réalisée au printemps 2025 auprès de directeurs financiers européens révèle que 90 % d’entre eux placent les risques géopolitiques en tête des menaces pesant sur leur entreprise. Le secteur pharmaceutique et de la santé est particulièrement exposé : rupture de continuité, accès retardé au marché, reports de lancement. En cas de pénurie, les patients se tournent vers des produits concurrents, ce qui fragilise immédiatement les revenus des fabricants.

Les médicaments génériques en première ligne

Parmi les traitements les plus vulnérables figurent les « petites molécules » : paracétamol, aspirine, certains antibiotiques. Leur fabrication repose en effet sur des intrants pétrochimiques, directement issus du pétrole et du gaz. Or, le blocage du détroit d'Ormuz fait flamber les prix et réduit la disponibilité de ces matières premières. Sans carburant pour les usines ou sans solvants de base, la chaîne de production s’arrête.

L’Europe est d’autant plus à risque que 80 % des principes actifs consommés sur le continent proviennent de Chine et d’Inde. Ces deux pays, grands producteurs de génériques, subissent également de plein fouet la crise énergétique et les perturbations des voies maritimes. Résultat : les livraisons vers l’Europe ralentissent, quand elles ne sont pas tout simplement suspendues.

Des solutions coûteuses et lentes

Si des routes alternatives existent (contournement de l’Afrique, transports aériens), elles sont beaucoup plus longues et sensiblement plus chères. De quoi faire grimper le prix final des médicaments, alors que les systèmes de santé sont déjà sous pression. DSV conseille aux entreprises pharmaceutiques de repenser leurs stocks de sécurité, de diversifier leurs fournisseurs et de renforcer la coopération avec les transporteurs.

Mais le temps presse. Avec des hôpitaux déjà confrontés à des pénuries de certains antibiotiques cet hiver, l’alerte est donnée. Les autorités sanitaires européennes surveillent la situation, mais aucune solution miracle n’est à l’horizon tant que le détroit restera bloqué.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger