Climat scolaire sous tension : deux collèges donnent l'alerte
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Climat scolaire sous tension : deux collèges donnent l'alerte

Oriane REALLE ; o.realle@agmedias.fr
Le collège La Canopée, à Matoury, lance un appel à la grève mardi 24 mars.
Le collège La Canopée, à Matoury, lance un appel à la grève mardi 24 mars. • FA MARTINIQUE

Les incidents initiés dans l'enceinte du collège La Canopée se prolongent parfois jusqu'au bourg

La situation se dégrade dans plusieurs établissements scolaires de Guyane. Face aux tensions, les syndicats Snes-FSU et SE-Unsa appellent à la grève ce mardi 24 mars devant le collège La Canopée à Matoury.

"Les collègues n'en peuvent plus. Nous devons gérer des bagarres à répétitions dans le collège ", témoigne Hélène Fiandra, secrétaire de l'établissement. Les personnels et parents alertent sur une montée des violences depuis le début de l'année.

Bagarres, interventions des forces de l'ordre et sentiment d'insécurité rythment le quotidien. " La vie scolaire est en grande difficulté, faute d'encadrement et de personnels suffisants. Il y a près de 900 élèves, certaines zones se retrouvent donc sans surveillance", explique-t-elle.

Les incidents initiés dans l'enceinte du collège, se prolongent parfois jusqu'au bourg.

"Ils viennent la peur au ventre"

À cela s'ajoutent une hygiène insuffisante et la présence de nuisible. " On est à un point de rupture ", alertent les équipes. L'agression récente d'un CPE par un parent d'élève a encore accentué la tension : " Les élèves se sentent en insécurité. Certains viennent la peur au ventre ", explique Hélène Fiandra.

Face à la situation, les syndicats appellent à se mobiliser devant le collège dès 6h45. Une délégation sera reçue le lundi par le rectorat pour réclamer des moyens humains supplémentaires et des mesures de sécurisation urgentes. "On attend, comme les années précédentes, un partenariat avec les forces de l'ordre". 

Pas de remplacement dans le 1ᵉʳ degré

Au collège Léodate Volmar, le Se-Unsa dénonce un management " malveillant ", évoquant " intimidations " et " humiliations " de la part de la cheffe d'établissement. 

"Aujourd'hui, on a une vie scolaire avec des personnels qui sont quasiment tous arrêtés. Ils sont à bout ", raconte Emmanuel Octavie, syndicaliste. 

Un dysfonctionnement général dans le remplacement des enseignants du 1ᵉʳ degré est aussi soulevé par l'organisation.

"Au stade de l'interpellation" 

Enseignants, Assistants d'Éducations et représentant du personnel dénoncent un climat éducatif dégradé. Une alerte a été transmise au rectorat. Sans réponse rapide, une mobilisation n'est pas exclue. "Pour l'instant, on est au stade de l'interpellation".

De leur côté, le rectorat affirme "qu'un échange s'est tenu et que le travail est en cours".

Dans ces deux établissements, les corps enseignants lancent un même cri d'alarme : celui d'une école fragilisée, où les conditions d'apprentissage et de travail ne sont plus garanties.

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