Guyana / Suriname : un blaff plein d'arêtes
La pêche est un sujet très épineux entre le Suriname et le Guyana, sur fond de quotas de prises et d'accusations de piraterie.
Lors d'une visite du président Santokhi, des promesses d'accords de licences de pêche dans les eaux du Suriname avaient été prononcées en faveur des Guyaniens. Cette décision avait suscité de vives réactions de la part des organisations de pêcheurs, ainsi que des objections juridiques et une opposition politique.
La pêche illégale reste un problème
« L'industrie de la pêche est toujours soumise à de fortes pressions et voit peu de changements dans l'approche des activités illégales du Guyana », a déclaré Udo Karg, président de l'Association des pêcheurs du Suriname, à notre confrère Starnieuws. Le secteur est économiquement très touché depuis la période Covid avec les difficultés de recrutement. Le stock halieutique est aussi sous tension et la taille des captures suscite des inquiétudes. En conséquence d'un certain laisser-aller dans les pratiques, le secteur est menacé par d'éventuelles sanctions de l'Union européenne. « La principale cause en est la pêche illégale commise par des Guyaniens, même dans les eaux françaises », ajoute Karg.
Argumentant pour le Suriname, le professionnel souligne : « Les pêcheurs du Guyana n'ont pratiquement rien fait pour gérer leurs stocks de poissons, alors que le Suriname y travaille depuis les années 1960. Depuis 2013, nous avons un plan de gestion des pêches. »
Les professionnels estiment qu'on ne peut autoriser l'admission des pêcheurs guyaniens que s'ils remplissent des conditions strictes énoncées dans la loi sur les pêches maritimes : enregistrement, inspection et respect des quotas. C'est, selon eux, la seule façon d'empêcher le Suriname de perdre non seulement ses stocks de poissons, mais aussi sa crédibilité internationale.
Le péril Caricom
Dans le cadre des accords Caricom, l'arrivée des bateaux guyaniens pourrait créer une jurisprudence. « Céder au Guyana signifie devoir concéder la totalité de la Caricom. Ce serait alors immédiatement la fin de cette source de nourriture et la fin de notre secteur », prévient Karg.
Il s'agit d'un dossier politiquement et économiquement explosif. Une solution durable ne sera possible qu'avec un accord de pêche juridiquement solide. Des quotas par espèce, un système de contrôle conjoint et l'interdiction totale de la sous-location des licences doivent en constituer les bases. Les deux chefs d'État ont convenu de mettre en place, d'ici à la fin de l'année, une commission mixte afin de permettre le développement durable du secteur.

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