Le Maroni à sec : vers une saison critique
Depuis mai 2023, le bassin du Maroni subit un déficit pluviométrique inquiétant. La saison sèche 2024 s'annonce encore plus dure, avec des prévisions alarmantes. Entre niveaux d’étiage records et incertitudes météorologiques, l'approvisionnement en eau et la navigation sur le fleuve sont en péril. On compte un déficit hydrique de 75 % par rapport à la normale.
Depuis plus de 16 mois, le fleuve Maroni, colonne vertébrale de l’Ouest guyanais, est en souffrance. Les relevés des stations météorologiques et hydrologiques, de Saint-Laurent à Maripasoula, montrent un déficit de pluviométrie persistant depuis mai 2023. Loin de s'améliorer, la situation s'aggrave avec des prévisions peu optimistes pour la fin de l'année 2024.
À part le mois de mai de cette année, tous les autres mois sont en déficits par rapport à l'année précédente.
La période de janvier à février 2023, encore marquée par la fin de la phase La Niña, a offert des pluies abondantes, mais cette accalmie a été de courte durée.
Depuis, un épisode El Niño s’est installé, accentuant le manque d’eau, particulièrement pendant la saison sèche de juillet à novembre. Les quelques averses du mois de septembre, très localisées, n’ont pas suffi à inverser la tendance.
À Langa Tabiki, à 20 km en amont d'Apatou, les relevés hydrologiques affichent des niveaux de débit largement inférieurs aux moyennes des 70 dernières années.
Météo-France et la Cellule de Veille Hydrologique (CVH) prévoient un maintien de cette sécheresse, avec des débits plus faibles encore qu'en 2023. Si les modèles de prévision se contredisent sur l'intensité des futures précipitations, la tendance générale est claire : le Maroni pourrait connaître un étiage encore plus sévère, mettant à rude épreuve les populations dépendantes du fleuve pour l’eau potable et le transport.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters