Comment appréhende-t-on un phénomène d’une
telle ampleur ?
« Après Juifs et musulmans – Si loin si proches, nous avions
l’ambition d’une autre série qui embrasserait une histoire immense,
géographiquement, démographiquement et économiquement. Celle de
l’esclavage s’est imposée comme une évidence. De façon plus
conjoncturelle, après la loi Taubira de 2001 [la reconnaissance de
la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité,
NDLR], de nouveaux historiens ont travaillé avec passion sur ce
sujet et croisé leurs recherches avec leurs pairs au Brésil, en
Afrique, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ce qui a permis de
décentrer le regard et d'appréhender une histoire globale, un
phénomène mondial. S’appuyant sur les plus brillants d’entre eux,
ce film, tourné dans huit pays, se veut une synthèse de cette
somme. Chacun des quatre épisodes traite d’une question :
l’esclave, le commerce, la violence, la race. »
Comment définiriez-vous l’esclavage ?
« C’est la négation de l’autre et de son humanité, afin de pouvoir
le construire comme outil et de l’instrumentaliser pour utiliser sa
seule force de travail. Cela explique aussi en partie pourquoi il a
fallu si longtemps pour raconter ce phénomène comme une histoire
universelle ; celle, dans la douleur, de la mondialisation de la
violence et de la déportation de 25 millions de personnes. J’espère
qu’en voyant ce film on comprendra qu’il s’agit d’une histoire
commune. J’aimerais que chacun se sente à la fois descendant
d'esclaves et de propriétaires d’esclaves. »
La...
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters