ATG : la prise d'antenne
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ATG : la prise d'antenne

Lise Lebrun et Christelle Auguste / photos : H.G (TV Mag N°1097)

« J'aurai le trac à 5 minutes du JT », Fanny Marsot, journaliste.

Gisèle Negrao, journaliste.

De gauche à droite : Yannick Davigny, technicien du son, Rebecca Riol, Fanny Marsot, Stefane Govindin, Gisele Negrao, journalistes.

Patrick Jean-Pierre, rédacteur en chef

« On est prêt », Stefane Govindin, journaliste.

Yannick Davigny, technicien du son.

Rencontre avec Patrick Jean-Pierre, rédacteur en chef de la nouvelle chaîne guyanaise privée ATG. Il confie les principales orientations de la chaîne, parle de la programmation et revient sur son parcours de journaliste.

TV Magazine : En quelques mots, quel est l’esprit d’ATG ?
Patrick Jean-Pierre : Une nouvelle étoile est née dit le leitmotiv de la chaîne. Par le biais de notre nouvel espace d’information, nous apportons quelque chose de nouveau et comblons de façon innovante un manque. En Guyane, il y a très peu de médias d’information et pourtant, la pluralité de l’information, c’est la liberté d’expression. Nous nous positionnons dans ce contexte comme une télé innovante et interactive pour que le public se retrouve à tout niveau. L’interactivité avec les sites web et les réseaux sociaux offrira en effet la possibilité de réagir en direct.
 
Est-ce la continuité de la chaîne ACG ?
Non, tout est créé, tout est nouveau, rien n’est récupéré d’ACG.
 
Quelle sera la part de la production locale dans vos programmes ?
Pour commencer, elle représentera 10 à 15% avec de l’information, du divertissement et des jeux. C’est déjà beaucoup car lorsque l’on lance une chaîne, la production locale est onéreuse. Dans un premier temps, l’idée est de roder l’antenne, les flux, la technique, le plateau… il y aura bien entendu des réajustements à effectuer. Dès le lancement, nous allons assurer 45 minutes d’information en direct tous les jours, ce qui est très lourd à mettre en place. Toutes les deux semaines, nous proposerons un magazine économique de 30 minutes et dans le cadre des élections législatives, un magazine politique de 30 minutes apportera un éclairage. Après, ce sera la montée en puissance de magazines culturels, sportifs et sur l’écologie notamment.
 
Complémentarité ou concurrence avec Guyane 1ère ?
Par définition, quand deux acteurs se trouvent sur le même terrain, une concurrence de fait se crée. Le simple fait d’exister va créer une concurrence. Après, il est clair que nous n’avons pas les mêmes moyens et une manière différente de fonctionner sur le terrain. Au final, nos offres sont complémentaires.
 
La version créole du JT a disparu de Guyane 1ère. Est-elle prévue sur ATG ?
Peut-être un jour… en même temps, je préfère que les journalistes et leurs invités se mettent spontanément à parler créole ou brésilien, ou toute autre langue. Nous mettrons alors des sous-titres. Je suis prudent sur ce thème car je ne souhaite pas ghettoïser un mode d’expression.
 
La rédaction d'ATG accordera-t-elle une place importante aux débats de société ?
Bien sûr, il y en aura énormément. Pour commencer, nous avons opté pour un talk-show de 19h à 19h45 diffusé tous les jours. Un peu comme le Grand Journal de Canal +, il y aura des débats politiques, de société et culturels.
Allez-vous mutualiser vos programmes avec GTV Guadeloupe et ATV Martinique ?
En effet, c’est dans l’air du temps et les tractations sont en cours. L’idée a été lancée au départ mais même si la Guyane est en Outre-Mer, il s’agit d’une zone géographique particulière avec des préoccupations spécifiques. Dans un premier temps, on préfère donc avoir notre propre identité avant de se lancer dans la mutualisation.
 
Qui seront les visages d’ATG ?
Un média c’est effectivement des rendez-vous et des visages mais tant que la chaîne n’est pas lancée, ce n’est pas facile d’en parler. Au final, c’est en effet le téléspectateur qui décidera et ça se jouera en fonction du capital sympathie des journalistes. Nous avons misé sur des jeunes journalistes fraîchement sortis d’écoles. Ce qui est intéressant c’est de ne ressembler à personne.
 
Quel est votre parcours avant ATG ?
J’ai travaillé à Paris en tant que JRI, présentateur et monteur pour la chaîne Public Sénat, Assemblée Nationale, M6 et Canal+. Je suis un pur produit de la télévision ! J’avais envie de m’implanter en Outre-Mer (ndlr : également ancien journaliste des débuts d' ATV en Martinique) pour partager mon savoir-faire et le lancement d’ATG a été une très belle opportunité. Je suis parti pour une aventure passionnante avec la Guyane.
 
Rencontrez-vous des difficultés ?
C’est clair que oui. Il faut mettre en adéquation la production, la rédaction et la technique d’une part. Nous devons aussi nous attacher à bien expliquer comment fonctionne notre média aux partenaires extérieurs. Et puis, nous devons maintenant être dans le rythme de demain. 
 
 
Les journalistes

Une équipe jeune et dynamique

Fraîchement arrivés de l'Hexagone, Fanny Marsot, 23 ans, Franc-comtoise d'origine martiniquaise, que les téléspectateurs retrouveront à la présentation du premier JT, Rebecca Riol, 25 ans, d'origine martiniquaise, en charge du site internet. Ont été recrutés sur place, Gisele Negrao, 29 ans, ancienne voix de radio Jam, originaire de Macapa et Stefane Govindin, 34 ans, ancien webrédacteur mobile, également photographe. Tous sont rédacteurs, reporters d'images et monteurs à la rédaction. Enfin, Dominique Nugent, ancien animateur sur ACG, vu à la présentation d'un magazine sportif notamment, devrait se retrouver sur la nouvelle chaîne locale privée à la présentation d'un magazine économique et politique bi-hebdomadaire. Ce dernier est secrétaire adjoint à la chambre des métiers. Enfin, à l'assistance au son, Yannick Davigny, 25 ans, technicien du son en audiovisuel. Il s'attellera, à la technique, à la programmation, à la diffusion, en plateau et en régie.
 
 
Bèf divan bwè dlo klè

Les abonnés du sat privés d'ATG

Les Guyanais qui ont opté pour le satellite, soit près d’un foyer sur deux, devront donc encore patienter ou se rendre sur le site d’ATG pour accéder à ses programmes, en option télé de rattrapage. On saisit mieux pourquoi la nouvelle chaîne privée guyanaise mise autant sur le média internet et son interactivité, se définissant ainsi, comme « une télé innovante ». « Nous n’avons plus de capacité satellitaire avant 2013 », explique quant à lui, l’opérateur Canalsat Antilles-Guyane, confronté à un obstacle technique, faute de canal disponible. À ce jour, l’opérateur recourt donc au « dézabiyé Pol, pou abiyé Jak », pour faire de la place. C’est ainsi que les chaînes privées nationales Direct 8 et NRJ 12 sont montées sur le satellite, au sacrifice de TV5 Monde qui n’est plus diffusée depuis plusieurs mois. A priori, rien n’empêcherait donc Canalsat d’en sacrifier une autre, au profit d’ ATG. Mais là, entre aussi en ligne de compte la capacité financière des chaînes et l’intérêt global du plus grand nombre d’abonnés Antilles et Guyane. À ce jeu, c’est donc la loi de la concurrence et du plus fort qui pourrait s’imposer. Canal Satellite confirme qu’il prévoit bien une montée de nouvelles chaînes privées locales notamment, avec de nouveaux services aux abonnés, sans toutefois pouvoir affirmer qu’une fois l’obstacle technique levé, ATG y figurera. Sur la file d’attente, on retrouve également la chaîne privée martiniquaise Zouk TV qui a généralisé ses contenus depuis ses débuts pirates, puis son passage au câble. Aujourd’hui, elle est disponible sur la TNT martiniquaise, comme ATG l’est en Guyane. Reste pour ATG à convaincre les Guyanais, d’abord, et l’opérateur satellitaire par la pertinence d’une identité propre, qualitative, attractive et concurrentielle.
 
 

Gisèle Negrao, journaliste.
De gauche à droite : Yannick Davigny, technicien du son, Rebecca Riol, Fanny Marsot, Stefane Govindin, Gisele Negrao, journalistes.
Patrick Jean-Pierre, rédacteur en chef
« On est prêt », Stefane Govindin, journaliste.
Yannick Davigny, technicien du son.

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