Lindor : quelle sera la chanson de l'année ?
La 10e cérémonie des Lindor de la musique guyanaise a lieu samedi soir au Zéphyr à Cayenne. 17 catégories récompenseront les productions guyanaises de l'année. Parmi elles, trois catégories sont laissées à l'appréciation du public, dont celle de la chanson de l'année. Nous avons demandé aux artistes nommés de nous raconter l'histoire de leurs titres.
Aruhna : « Fanm jaguar m'est venu en observant les gens autour de moi. Je me suis rendue compte que beaucoup de femmes et d'hommes étaient fixés sur des problèmes, des ruptures, des échecs... J'ai eu le déclic en essayant de motiver une amie qui vivait une rupture avec un homme odieux. Je me suis demandée quels mots pourraient lui faire comprendre qu'elle méritait le bonheur et qu'un homme, quelque part sur cette terre, méritait de la rencontrer, elle, cette femme merveilleuse, sensuelle, sublime, sexy, intelligente... Bref, une femme jaguar! »
Sista Sony : « C'est un titre que j'ai enregistré en plusieurs versions. Mais quelques couacs m'ont découragée. Je voulais carrément arrêter la musique... Puis Jérémie Prophet de Sas Prod m'a proposé de m'aider à me relancer. J'ai alors fait plein de maquettes pour le Sas et ils ont retenu Je veux du sun. On a fait appel à Symon pour la guitare, à Linda Rey pour les choeurs, et à Anccy Clet aux percussions. Frantz « TwoFace » Agarande, de Damaniak, s'est occupé des arrangements et du mix. On a tourné le clip dans la foulée. C'était un tournage assez compliqué et la promotion du titre n'a pas été faite à temps, mais c'est le résultat qui compte. Dans tout travail, il y a des hauts et des bas. »
Sista Sony : « K-Reen était en vacances en Guyane. On a eu l'idée de regrouper des artistes guyanais sur un titre commun. Peu ont répondu à l'appel, à part Sand-Rah, Mamy Polanco et Linda Rey. Mais Linda n'a pas pu être sur la version finale. On a enregistré le titre en deux sessions intensives au Sas prod. On a ensuite tourné le clip avec nos propres moyens, le lendemain du concert de Ciara. C'était une super expérience! »
Maxxy Dready : « L'idée m'est venue lors de la polémique sur un clip de Lesnah et Lion P (Nou o fon, ndlr). Tout le monde critiquait sans évoquer le fond du problème : ce qui était montré sont des choses qui se passent vraiment dans les quartiers. En Guyane, on critique trop sans proposer de solutions. Et bien souvent, ceux qui critiquent sont ceux qui ont les moyens de changer les choses. Aujourd'hui, la jeunesse est égarée et a besoin de repères. Si on en est là, c'est qu'il y a un travail qui n'a pas été fait en amont. Ce n'est pas seulement le travail des parents, tout le monde doit mettre la main à la pâte. Le devoir de tout un chacun est de partager et transmettre ses connaissances. Dans ce titre, je dénonce mais je n'oublie pas de remercier ceux qui oeuvrent pour la jeunesse guyanaise, comme Julie Adami, Pupa Abdul, M. Agarande... S'il y avait une vraie dynamique pour accompagner les jeunes, je pense que l'on ne serait pas dans cette situation aujourd'hui.
Rickman : « Ce titre rend hommage à nos ancêtres qui se sont battus pour nous. En Guyane, nous avons une grande diversité culturelle, il faut en être fier. Il est important pour les jeunes de connaître leur histoire. J'ai grandi à Maripasoula et quand je suis arrivé à Cayenne au lycée, on me disait que je n'étais pas Français. Les gens confondaient Bonis et Surinamais. Mais nous sommes Guyanais depuis longtemps. Cette méconnaissance est due à l'école. Ce n'est pas de la faute des Guyanais si l'Éducation nationale ne nous enseigne pas notre histoire commune. C'est une fierté pour nous de voir que l'on n'a rien perdu de nos racines. Nos ancêtres étaient des guerriers et se sont bien battus pour garder notre culture intacte » .

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