Fanny J : «Je veux un concert qui nous unisse et nous fasse vibrer ensemble»
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MUSIQUE

Fanny J : "Je veux un concert qui nous unisse et nous fasse vibrer ensemble"

Priscilla Romain
Fanny J en résidence en Guadeloupe

La chanteuse d'origine Guyanaise a posé ses valises en Guadeloupe pour quelques jours. Dans un studio situé à Capesterre-Belle-Eau, elle enchaîne les sessions d'enregistrement pour travailler la structure des concerts qui formeront, dans quelques mois, le "J Tour". Entre deux sets, elle a accepté de nous rencontrer.

Podcast disponible en bas de l'interview

France-Antilles : Comme c'est étrange de vous rencontrer ici. Pourquoi Capesterre-Belle-Eau ? 

Fanny J : Je suis à Capesterre pour faire la résidence de mon concert et pour la mise en place de la set-list. Nous recrutons aussi le personnel nécessaire et si nous sommes ici c'est parce que nous avons énormément de musiciens qui sont originaires d'ici, il me semblait donc plus logique de venir à eux. 

C'est donc une grosse séquence de travail qui arrive. Comment va-t-elle se découper ?

La première session c'est ce qui nous occupe avec les arrangements, les transitions, on identifie la scénographie, la chorégraphie, l'identité visuelle, les plans de scène et on détermine aussi ce qu'on va projeter. Il faut avoir la même identité visuelle et musicale dans les concerts dans les DOM ou à Paris.

Avez-vous une vision globale du projet ? À quoi doit-il ressembler ?

J'ai longtemps réfléchi à ce que je voulais car j'ai besoin de faire des choses qui ont du sens, pour moi et pour les autres. Alors nous avons choisi le "J Tour", car "Jour J" ou encore "Fanny J", mais quand on retourne le "J", on se rapproche alors d'une lettre hebreu appelée "Beth" et elle symbolise de la maison, de la famille, de l'unité et c'est exactement ce que j'ai envie de projeter.

Il faut que ce soit plus qu'un concert de zouk, car il arrive que l'on aille dans un concert et qu'on soit énergisés par les bonnes ondes. C'est possible, nous sommes riches, nous les afro-caribéens, nous savons faire cela. Et nous pouvons livrer de belles choses en termes d'images et de sons, comme le font les stars internationales.

L'équipe a embarqué dans cette vision ?

J'ai trouvé un bon tourneur, chose qui ne fut pas simple. C'est compliqué et ça coûte de l'argent, des fonds que l'on est pas forcément à mettre tout de suite. 

Mais je ne suis pas la seule. Avant moi, des artistes le méritent amplement et qui ont du mal à avoir les partenaires nécessaires à ce type d'exposition. Merci Seigneur, je peux le faire et je veux montrer que c'est possible.

Fanny J en répétition
• Stanley Manicord

Avez-vous aussi le sentiment de gagner de nouveaux publics ? En effet, une jeune qui vous écoutait à vos débuts et qui ne connectait pas, peut aujourd'hui comprendre la femme qui chantait "Ancrée à ton port" ou "Okay".

Oh que oui ! Et quelle fierté ! J'en suis heureuse, et puis je suis toujours étonnée. La musique c'est un monde complexe, un jour on est au top et puis quelques mois ou années plus tard, la même chanson qui a été bien reçue n'est plus du tout aimée. Je me sens bénie. C'est aussi pour cela que je me donne beaucoup car je dois être à la hauteur de l'attente de mon public. Alors c'est pas simple. Ca donne lieu parfois à des grincements de dents, des larmes mais à la fin je suis heureuse de voir le public satisfait. Nous préparons cette tournée avec ces éléments en tête et je peux déjà vous dire que le son est exceptionnel. 

C'est extraordinaire, la musique a traversé les générations, le temps... Je vois des enfants de 6 ou 7 ans qui écoutent "Ancrée à ton port" comme une chanson sortie récemment. La musique est là pour cela, pour véhiculer ces émotions-là et d'après ce que vous me dites, je fais bien mon travail. 

Comment approchez-vous vos différents publics ? Celui qui vit en France et ceux des départements d'outre-mer ?

Je perçois mon public comme un seul. Les gens sont des êtres humains. Pour ceux qui ont la culture caribéenne, c'est facile de les atteindre, pour ceux qui ne me connaissent que par rapport à un son, il faut juste aller les chercher et creuser pour qu'ils découvrent ce que je peux donner.

Je pense d'ailleurs beaucoup à eux quand je prépare un concert. Par exemple, on peut ne pas connaître une chanson jouée durant un concert, mais quand on en ressort on doit pouvoir ressentir la connection. Quand je vois mon public venir après le show j'écoute leur ressenti. Et je constate que ça va... la musique fait son travail.

L'interview de Fanny J en podcast

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