Cinéma : « Debrouya » ou quand la réalité devient une fiction
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CINÉMA

Cinéma : « Debrouya » ou quand la réalité devient une fiction

Propos recueillis par Marlène CLÉOMA, m.cleoma@agmedias.fr
Ce long métrage doit apparaitre sur le petit écran entre le premier et deuxième trimestre 2023.
Ce long métrage doit apparaitre sur le petit écran entre le premier et deuxième trimestre 2023. • @ D.R

515 000 euros, 96 acteurs, 90 minutes. Voici quelques chiffres de « Débrouya », la nouvelle production de la structure audiovisuelle guyanaise Tawara production. Actuellement en tournage sur l’île de Cayenne pour deux semaines encore, ce long métrage doit apparaitre sur le petit écran entre le premier et deuxième trimestre 2023. France-Guyane est allé à la rencontre du réalisateur, Thaïzen Ringuet.

Le cinéma pour faire réfléchir ou faire rêver ? Certains vous répondront, que c’est pour rêver, sortir du réel, d’autres vous réfuteront les « les deux ». Qu’importe, les deux réponses se valent. Danc ce film intitulé « Débrouya », les réalisateurs opposent deux personnages. D’un côté Tyler, un jeune Guyanais d’origine haïtienne qui vit dans la précarité aux côtés de sa mère et de ses deux sœurs. Un jour ce dernier apprend que l’état de santé de sa mère se dégrade et seule une opération onéreuse pourrait la sauver du pire. Après des multiples péripéties, Tyler envahi par un fort sentiment d’injustice décide de cambrioler le domicile de son riche patron. De l’autre côté, il y a Priscilla, la fille de ce « riche patron » qui veut voyager plus, avoir plus d’argent de ses parents et visiter plus souvent sa famille.

INTERVIEW:


« Mettre en avant notre authenticité »

L’histoire de « Débrouya » ressemble étrangement à une réalité guyanaise. Ici, la réalité se confond avec la fiction, le cinéma n’est donc plus un rêve ?

C’est une histoire qui permet aussi de rêver. Dans le film il y a des belles choses qui se passent et qui donnent envie de croire en l’humanité, en l’humain, en la communauté guyanaise. Le cinéma, c’est aussi pour découvrir, on met en images notre univers, notre monde, notre manière de vivre les choses et de les appréhender. À travers ce film, nous sommes dans une dynamique de partage.

Le rêve c’est aussi se dire qu’il est possible de tourner un film de 90 minutes avec des acteurs « 100% guyanais » et même novice ?

En effet, ce film peut inspirer les téléspectateurs à plusieurs niveaux, notamment à devenir meilleur et à agir différemment. Mais le film peut aussi inspirer les Guyanais, en se disant qu’il y a une possibilité de faire du cinéma en Guyane, de raconter des histoires, devenir acteur, réalisateur... Il y a plusieurs moyens d'éveiller à travers ce film.

Dans vos réalisations, l’identité n’est jamais très loin. Dans ce film aussi de par vos choix de création, vous semblez perpétuer « l'identité Guyane »… ?

Dans « Débrouya », je veux mettre en avant un comportement ou des comportements guyanais. Ce que je cherche à mettre dans ce film, à travers des histoires qui peuvent se passer n’importe où dans le monde, c’est de montrer l’authenticité de la Guyane dans sa diversité culturelle mais aussi dans son comportement, dans sa manière de parler. Représenter le Guyanais pour qu’il puisse s’identifier et se sentir plus à l’aise dans sa culture.

La notion d’identité est sans doute une des notions qui structure le mode de pensée de notre époque. Elle est omniprésente, pourtant si absente en même temps…?

Je considère que me connaître et connaitre ma culture m’a aidé à me développer et à m’accepter. Je suis une personne qui est plutôt à l’aise dans sa peau et dans son cursus. C’est parce que j’ai appris à identifier qui j’étais, d’où je viens et où je veux aller. J’ai l’impression que certaines personnes se sentent mal à l’aise dans leur choix de vie et parfois j’ai l’impression que c’est à cause de ce manque d’identité et d’acceptation de ce que l’on est. De ce fait, dans mes films j’essaie de faire comprendre que nous sommes tous pareils mais en même temps tous différents. Cette différence, nous devons l’accepter et c’est cette différence qui permettra que l’on soit plus à l’aise dans notre quotidien de vie. C’est en tout cas ce que j’essaie de transmettre.

Quelle est la date de sortie de ce long métrage qui est déjà très attendu par les Guyanais ?

Nous espérons  qu'il sortira en avril 2023 (sauf changement). Nous serons diffusés au cinéma Eldorado et Agora et éventuellement sur Guyane Première. Nous sommes à la recherche de diffuseur dans les autres régions du monde, dans les Caraïbes, en Afrique…

• @ D.R
Tawara Production en bref :

Tawara production, c’est six ans d’existence, deux longs métrages, sept courts-métrages et une trentaine de petites vidéos.
Dans le futur, la structure souhaiterait créer un studio de cinéma qui permettrait de produire des SITCOM de manière régulière. (N.D.L.R : du style Le Prince de Bel Air, Ma famille d’abord…). Une manière de valoriser la manière d’être des Guyanais.

Infos en plus
Le budget du film a été dépassé, l’équipe de production est à la recherche des sponsors et partenaires privés. Une cagnotte letchi a été ouverte afin que tous ceux qui souhaitent soutenir le projet puissent y faire un don.
 
 
• @ D.R