La chorale Arpège à la Cigale
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

La chorale Arpège à la Cigale

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

La chorale Arpège a la cigale © Photo Alfred Jocksan

Joelle fremcourt et ses 97 élèves. © Photo Alfred Jocksan

La chorale Arpège et le groupe SOFT © Photo Alfred Jocksan

Le groupe Soft et la chorale Arpège de la Martinique © Photo Alfred Jocksan

Le public © Photo Alfred Jocksan

James et Joëlle © Photo Alfred Jocksan

Une clarinettiste de la chorale Arpège © Photo Alfred Jocksan

Agou aux congas © Photo Alfred Jocksan

Fred Deshaies de SOFT © Photo Alfred Jocksan

Fred Deshaies, James Germain, élèves de la chorale Arpe?ge © Photo Alfred Jocksan

James Germain © Photo Alfred Jocksan

James Germain le chant d'Haiti © Photo Alfred Jocksan

Axel Fremcourt a la basse JM Terrine batterie et le saintanais Arnaud Dolmen au ka © Photo Alfred Jocksan

Joelle Fremcourt responsable de la chorale Arpege © Photo Alfred Jocksan

David Jean Bart a la guitare © Photo Alfred Jocksan

Dorisse et Rejane © Photo Alfred Jocksan

jeune chanteuse de la chorale Arpege de la Martinique © Photo Alfred Jocksan

Joelle et son fils Axel © Photo Alfred Jocksan

Joelle Fremcourt © Photo Alfred Jocksan


Samedi 16 juillet à l’église de la Madeleine et mardi à la Cigale, à Paris, 92 choristes martiniquais dont six garçons et six musiciens accompagnateurs, David Jean-Bart à la guitare, Elysé Domergue au Piano, Agou aux congas, Axel Fremcourt à la guitare basse, Jean-Michel Terrine à la batterie et Joëlle Fremcourt à la direction artistique ont donné des frissons aux spectateurs présents dans la salle.
La chorale Arpège du pensionnat de Saint-Joseph de Cluny en Martinique a été crée par Joëlle Fremcourt en 1999. Après une tournée triomphale au Canada, au festival « Mondial choral », gratifiée du prix du jury, elle était pour la première fois de passage à Paris pour deux concerts extraordinaires. Un à l’église de la Madeleine et l’autre à la Cigale avec l’Haïtien James Germain, l’albinos à la voix d’or qui n’en est pas a sa première prestation avec la chorale, et le Groupe Soft de la Guadeloupe qui diffuse une musique du terroir modernisée qui dépasse les frontières de l’espace francophone.
Ces deux concerts ont été une aventure extraordinaire pour ces enfants des classes de sixième à la terminale, un événement majeur dans leur vie. Joëlle Fremcourt dont la devise est « Je dois faire des hommes debout », s’est dit « heureuse et surprise de leur performance ». L’émotion était aussi sur la scène de la Cigale quand, en fin de concert, Dorisse et Réjane sont venu prendre la direction artistique des mains de Joëlle. La fondatrice avait presque les larmes aux yeux… Ses deux porte-paroles, élèves de terminale, bac en sac, partent désormais pour d’autre aventure. C’est avec un pincement au cœur que Joëlle a glissé ces mots : « Ca fait de la peine de voir partir les jeunes après 7 ans… On a connu le canada, la Guadeloupe, Sainte-Lucie et Paris. Oui, ça fait mal, mais on doit former les jeunes. »
La prestation a été très appréciée par un public pas toujours facile à conquérir. Mais cette jeunesse a fait en sorte que l’événement tienne ses promesses.

Joelle Fremcourt • Photo Alfred Jocksan



« Il faut toujours viser plus haut »

Joëlle Fremcourt, 51ans, est professeur d’éducation musicale et de chant choral au pensionnat de Saint-Joseph de Cluny en Martinique dont elle assure la direction. Elle est aussi la créatrice et animatrice de la chorale Arpège depuis 12 ans. Joëlle est venue en tournée parisienne avec ses 92 choristes et ses six musiciens pour deux concerts exceptionnels, samedi 16 juillet à l’église de la Madeleine et mardi 19 juillet à la Cigale. Pour cette pianiste de formation, la musique c’est sa vie, mais aussi une histoire de famille : sa fille chante et son fils joue de la basse avec la chorale Arpège.
Vous venez d’offrir un beau cadeau de fin de scolarité à vos élèves avec cette tournée parisienne…
Nous sommes venus avec 92 choristes et soixante treize sont restés en Martinique. Nous avons réalisés quelque chose de formidable. L’église de la Madeleine et la Cigale, c’est génial, fantastique ! A la Madeleine, moi-même, j’étais surprise ; l’église était remplie. Cet Arpège prend une autre dimension.

Comment fonctionne la chorale Arpège sachant que les élèves arrivant en fin de cycle doivent partir ?

Un tiers de la chorale change chaque année ; les élèves partent. Avec les nouveaux arrivants, le challenge est de maintenir la qualité et de la faire évoluer, la faire monter. Nous avons la chance d’avoir des élèves qui s’investissent beaucoup. Malgré les conditions climatiques sur Paris où la moitié des élèves ont été grippés, malades, nous avons réussi notre prestation. Tout le monde s’est dépassé sur scène. Ce qui est génial avec ces enfants.
Avez-vous l’adhésion de l’ensemble de la Martinique ?

Nous avons un vrai public maintenant. Deux fois par an, nous donnons une série de concert à l’Atrium, qui est toujours rempli. Ce n’est pas une histoire de papa, maman, tonton, tatie. C’est à guichet fermé ! Et, nous avons un vrai public qui suit les enfants dans leur évolution. Chaque année nous changeons notre répertoire en faisant rentrer plus de trente nouveaux chants.

Pourquoi avez-vous choisi Paris ?

C’est un challenge. Déjà, chanter à l’église de la Madeleine, c’était quelque chose d’un peu fou. Et, là, la Cigale, c’est au-dessus de tout. Les objectifs sont toujours de se dépasser et de prouver à ces jeunes qu’ils doivent donner toujours un peu plus pour tendre à l’excellence. Je cherche à leur transmettre la notion de dépassement. Il faut toujours viser plus haut.

James Germain • Photo Alfred Jocksan


James Germain, la voix mandingue d’Haïti

« Ce genre de projet me renvoie à mon enfance car j’ai débuté comme ça »


Son dernier album, Créole-mandingue, réalisé à Bamako au Mali, la terre du grand Salif Keita, est une ballade musicale extraordinaire entre les Caraïbes et l’Afrique. Ambassadeur infatigable de la culture haïtienne, il parcourt le monde pour faire découvrir sa musique avec son identité.

Après tant d’année sur scène à mener une vie de nomade-mélomane, est-ce une consécration d’être ici ce soir ?

Mon dernier album est sorti au mois de septembre dernier et j’ai laissé Bamako au mois de novembre pour revenir à Paris ou j’ai donné une prestation pour assurer la promotion. Puis j’ai fait une tournée aux Antilles, avant de rejoindre Haïti où j’ai décidé de me reposer un peu. A travers ce que je fais, et à chaque fois que j’en ai l’opportunité, je m’engage dans d’autres projets et je joue avec d’autres musiciens. J’ai eu le plaisir de participer au festival d’Aquin, un festival international de danse et de musique traditionnelle qui existe depuis quatre ans dans dans le sud d’Haïti. Aujourd’hui, je fais de la formation, j’encadre des jeunes talents, pour leur transmettre un peu de mon expérience. Il est important de mettre en lumière la génération à venir. Et, en même temps, je poursuis ma route. J’éprouve beaucoup de plaisir de partager ma musique avec le public. C’est une belle vie d’être sur scène et de partager avec les gens.

Comment avez-vous vécu cette soirée avec les enfants de la chorale Arpège ?

C’était extraordinaire de partager la scène avec la chorale Arpège ; ça devient une sorte d’habitude pour la chorale et moi. Avec Soft aussi, en Martinique, nous avons partagé un grand moment avec le public. C’est le bonheur de montrer à la communauté le travail de la chorale Arpège pour sa première prestation dans la capitale. Je supporte ce genre de projet qui me renvoie dans mon passé, mon enfance, car j’ai débuté comme ça.

Votre dernier album, Créole-mandingue, a été enregistré à Bamako. Pourquoi l’Afrique ?

Tout ce qui arrive dans la vie, ca sert d’exemple, ca nous fait grandir. Avec Créole mandingue, j’espère que j’aurai l’opportunité de venir avec l’équipe de Bamako une fois pour exécuter ce disque. Je trouve que c’est un cadeau d’avoir été à Bamako pour enregistrer ce projet. Là-bas, j’ai trouvé des choses extraordinaires, vécu des moments extraordinaires.

Quel est votre coin préféré à Paris ?

J’aurai du mal à donner un seul lieu. Mais j’aime bien Château-Rouge. C’est un lieu où l’on trouve de tout. Je sais qu’en m’y rendant, je peux manger les plats d’Afrique, des Antilles. Et, j’ai un autre lieu de Paris que j’aime, c’est Chatelet-les Halles. Tout se brasse là-bas. On rencontre plein de gens. Tout le monde est là.

Comment avez-vous vécu ce changement qui se met en place en Haïti ?

Quand je vois la souffrance du peuple haïtien, ça fait très mal. On n’est pas un peuple facile. Moi, j’espère qu’on va finir par trouver un terrain d’entente et que les choses vont avancer. Le pays doit avancer. Il y a beaucoup de gens qui souffrent. Il faut avancer vers la reconstruction. Il va falloir beaucoup de temps pour remettre Haïti sur pied. Si on ne commence pas maintenant, c’est dommage. Je crois que l’urgence est là. Aujourd’hui, il faut bien faire les choses pour ne pas retourner en arrière. Cette fois-ci, j’espère que Haïti va démarrer positivement et montrer au monde qu’on tient. Tout cela me semble très difficile.

La musique Haïtienne vient de perdre un de ses grands, un homme populaire pour sa musique racine, Léonor Fortuné dit Azor, que vous connaissiez particulièrement. Comment avez-vous réagi ?

Azor était un excellent artiste, excellent musicien, respect pour lui. Il restera toujours dans ma mémoire, toujours dans la mémoire des Haïtiens et de tous ceux qui l’on vu en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Paris, au Japon, aux USA. C’est un grand monsieur qui nous a quitté. Pour sa mémoire, je lui ai dédié mes chansons. Il le mérite. Moi, je ne trouve pas mes mots. J’étais très choqué. Quelques jours avant nous étions ensemble. J’ai été le voir jouer. Nous avons beaucoup échangé. Son départ me fait beaucoup de peine.



Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger