« C'est un petit peu comme si nous étions passés d'une petite épicerie de quartier à un hypermarché. » Patrick Désirée, proviseur du lycée professionnel Elie-Castor de Kourou, résume ainsi la taille des nouveaux locaux de son établissement. Professeurs et élèves y ont pris leurs quartiers en janvier 2011. L'établissement flambant neuf, situé à l'entrée du village Saramaca, était inauguré hier. Il remplace l'ancien lycée du vieux bourg de Kourou, ouvert en 1998 et devenu bien trop petit pour accueillir les quelque 840 élèves que compte l'établissement aujourd'hui. PLUS GRAND LYCÉE DE GUYANE
Les nouveaux bâtiments sont modernes, aérés et s'articulent autour de cours intérieures et d'un jardin de lecture. C'est dans ce coin de verdure qu'a été dévoilé, hier, un buste (1) d'Elie Castor, ancien député de Guyane et maire de Sinnamary, décédé en 1996. Son frère, Jean-Paul Castor, était présent à l'inauguration. Avec cinq hectares de terrain, 16 000 m2 de surface bâtie et une capacité maximum de près de mille élèves, c'est aujourd'hui le plus grand lycée de Guyane et, selon son proviseur, le plus grand lycée professionnel de France. Il propose des formations dans les secteurs tertiaire, social, de l'industrie et de l'hôtellerie. « Dans nos nouveaux locaux, nous sommes en mesure d'exercer nos élèves sur des systèmes proches de ceux qui existent en milieu professionnel, c'est un gros changement » , précise le proviseur. A terme, l'établissement espère ouvrir des sections BTS et généraliser l'internat d'excellence, qui compte aujourd'hui 20 places. Le président de Région, Rodolphe Alexandre, a rappelé que « le projet a été lancé par l'équipe précédente » , saluant son prédécesseur Antoine Karam, présent à l'inauguration. La Région a financé près de la moitié des 31 millions d'euros qui auront été nécessaires à la construction du nouvel établissement, le reste provenant de l'Etat et de l'Union européenne. (1) La sculpture a été réalisée par Lobi Cognac. L'artiste est également l'auteur des « marrons de la liberté » , sur le rond-point Adélaïde-Tablon, à Rémire-Montjoly. - Peut mieux faire
Si les professeurs du lycée sont unanimes, saluant « de très bons outils de travail » et des salles de cours « grandes et agréables » , certains d'entre eux avaient décidé de ne pas assister à la cérémonie, hier, pour manifester leur mécontentement. Ils regrettent, notamment, que les élèves n'aient pas été plus associés à la cérémonie, suggérant que le lycée aurait pu les mettre à contribution par rapport à leurs filières respectives. « Nous avons convié trois élèves par classe » , se défend Patrick Désirée, le proviseur, pour qui il était impensable de tous les inviter, pour des raisons de sécurité. Autre grief des professeurs, la mauvaise ventilation dans les salles de classe. « Parfois, il fait tellement chaud que je me demande comment ils font pour travailler » , explique une enseignante souhaitant garder l'anonymat. Sur ce point, le proviseur affirme qu'une étude de coûts a été lancée, et que « les premiers ventilateurs seront installés dès le mois d'avril » , avant d'ajouter : « Ma priorité, ce sont les fuites d'eau de la toiture. »
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